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Vernissage de Pierre Weiss "Telstar"


Galerie Valeria Cetraro
16, rue Caffarelli
75003 Paris

La Galerie Valeria Cetraro est heureuse d'annoncer l'ouverture de son nouvel espace au 16, rue Caffarelli, 75003 Paris
avec l'exposition,

Pierre Weiss
TELSTAR

Du 30 mars au 11 mai 2019
Preview samedi 30 mars 14h - 17h
Vernissage samedi 30 mars 17h - 21h

Pierre Weiss, est un artiste plasticien et un cinéaste de nationalité autrichienne. Né en 1950 à Bruxelles, il vit et travaille à Paris. TELSTAR. est sa première exposition personnelle à la Galerie Valeria Cetraro.


Les premiers mots que Pierre Weiss a prononcés lorsque je suis arrivée à son atelier sont les suivants : « j'ai les réponses, mais as-tu des questions ? ». Ce texte pourrait se terminer ici, dans cet espace indéfini de la parole où tout peut être exprimé, ou rien encore, c'est au choix, puisque les possibles langagiers - ceux de toute parole portée sur une œuvre d'art - s'illimitent en se confrontant à une matière qui résiste, tout comme à l'épaisseur d'un être, ou de toute vie authentique d'artiste. C'est ainsi que je fais connaissance avec des toiles de coton brut écru, tirées sur châssis de bois. Sur chacune d'elles, une ligne de peinture coupe l'espace verticalement. Cette ligne n'est pas de démarcation, départageant deux espaces, mais bien d'un autre ordre ; car le fil de soie brodé qui la recouvre, la suture en une cicatrice gracieuse, fait de ce tissage d'écriture une tentative d'incision ou de blessure. Cette ligne, constituée des milliers de lignes qui l'épaississent, a une histoire : celle des Territoires compressés, que l'artiste travaille à bras le corps, à bras tendu, à bras levé, depuis plus de dix années. Une même image de grille, de cage, de treillage ou de clapier (le sens nous appartient en tant que spectateur) est répétée à l'infini ; et sur elle, l'œil distingue une trace verticale, une ligne ou plusieurs lignes, qui se répètent et jamais ne se croisent.
Une question surgit : « est-ce un trait ou une ligne, et quelle est la différence au fait ? ». Une ligne peut être courbe, accompagner un geste, tracer les contours d'un imaginaire. Le trait, quant à lui, est toujours tiré ; c'est un terme d'attelage. On tire un trait, sur le passé, dit-on souvent. Le trait porte la violence de sa droiture. C'est avec une règle graduée qu'il s'inscrit sur la feuille comme on pourrait gifler d'un coup sec, ou encore barrer la route. Dès lors, les traits, surajoutés par ensembles ou solitaires sur la surface, sont bien tracés avec une règle structurante et directive ; mais, comme pour brouiller le sens de la rectitude, la main poursuit sa course par-delà la limite. Elle a la liberté de ne pas s'arrêter, alors elle se l'accorde, jusqu'à l'épuisement naturel du geste. À l'atelier, une référence me vient spontanément à l'esprit, je convoque les noms de Gilles Deleuze et Felix Guattari. La ligne, devenant fuyante, échappe aux dispositifs coercitifs : elle prendra bientôt le risque de l'action pour se détérritorialiser, justement. Alors oui : fuir, c'est tracer une ligne. C'est alors que Pierre Weiss me parle de la dimension vitalisante et énergétique, de l'aspiration chorégraphique de la main qui poursuit malgré tout sa course. Voilà comment un trait s'ouvre par ses extrémités, et prend son élan. Cela me poursuit : différence, répétition, musicalité, basse continue chez Bach, baroque chez Leibniz, pli. Une voix me répond par la portée, qui, sur la partition, charge en elle les notes noires sur sa ligne claire.
Il y a des œuvres qui se tournent inlassablement vers la dramatisation des faits, et d'autres qui engagent un avenir. Alors, bien sûr que nous pourrions voir ici des prisons, des barres d'immeubles, des portes closes. Mais, sans doute est-il davantage question d'effraction, de ce qui brise et de ce bifurque, de ce qui se libère et fait confiance au Possible. La pièce au sol, Inclinaison, en est une forme de métaphore : on nous enjoint à nous incliner, à baisser le regard, mais il faut refuser de se soumettre, en articulant plutôt notre pensée à notre interprétation. Il s'agit d'entrer en conversation avec le sol, lui, qui encourage, à rester debout et vertical. En quittant l'atelier, j'avais encore de nombreuses questions à poser, mais je suis restée silencieuse, tout en taillant ma route. J'ai murmuré : rares sont les œuvres qui viennent à notre adresse, telles des miroirs, lorsque nous faisons un pas vers elles.

Léa Bismuth


Léa Bismuth est auteure, critique d'art, commissaire d'exposition indépendante. Au printemps, elle publiera un livre collectif aux Éditions Filigranes, en partenariat avec Labanque de Béthune : La Besogne des images.

Vernissage de Pierre Weiss "Telstar"
Location: Galerie Escougnou-Cetraro
anciennement Galerie See studio
7, rue Saint-Claude
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart
France
Phone : +33 (0)1 48 87 52 93
Mail : galerie@escougnou-cetraro.fr
Internet Site : www.escougnou-cetraro.fr
Date: Saturday, March 30, 2019
Time: 17:00-21:00 CET

id : 102209


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