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Vernissage-party de Troy Henriksen "Happy Hours"


Vernissage-party de Troy Henriksen "Happy Hours"

4 décembre 2019 - 8 janvier 2020

Troy, joker au cœur du clown

Jeune pêcheur Petit Prince, Troy, mi-viking norvégien, mi-américain bourlingueur a boxé la vie aux États-Unis. Il s'est amarré à bien des ports, jouissifs ou déceptifs. Et il a peint, coloré, dessiné, « vécu avec son art », car « sans lui, j'en mourrais », se répétait-il. Il a traversé maintes fois le miroir ; et de l'autre côté, dans une illumination, il a rencontré Arthur Rimbaud, l'a « regardé comme un autre lui-même ». Ce qu'il l'a fait voler vers la France, vers Paris où il réalisera My friend Rimbaud en 2002, et ses premiers auto-portraits-Rimbaud, Self Portrait de 2006 à 2008. Un voyage et des rencontres qui l'ont mené à la Galerie W, où il expose depuis vingt ans.

Mais rattrapé par l'idylle mercantile entre art et mode, face à l'hyper-personnalisation de l'artiste, Troy serait-il devenu une griffe pour « troyiste » ? Une marque décorative que l'on exhibe dans son salon ? Et non plus la signature d'un artiste qui aurait voulu « tout peindre » pour « peindre un homme libre » ?

Alors, Troy se remet en jeu, seul en scène. En repartant du joker, figure blanche à laquelle on peut donner n'importe quelle identité. En le percutant avec l'actualité, celle du Joker du blockbuster de Todd Philips, avec Arthur Fleck, cet enfant inconsolé devenu tueur-psychopathe. En défilant avec les manifestants qui, du Liban à Hong Kong, adoptent le maquillage de ce paria négligé ? Tous des « psychopathes » anti-systèmes, tous des clowns face aux nantis de tous les Gotham ?

Troy ne se défausse pas, ne passe pas son tour avec ces toiles-joker, il reprend la parole avec ses mots et son visage, avec une nouvelle série d'auto-portraits. Ce n'est jamais neutre de choisir l'auto-portrait, c'est s'inscrire dans l'histoire de l'art. À chaque période, l'auto-portrait dévoile un contexte social, une symbolique, une représentation de la condition humaine, vaniteuse ou maudite. De 60 Rembrandt à 27 possibilités d'autoportraits de Christian Boltanski.

Pour Troy, c'est un nouveau point de départ, Narcisse se regardant dans un miroir brisé, comme s'il revenait toujours de loin.

Il se grime, se maquille, se photographie, puis se peint. Transformant ses clichés en toilesphotomatons de différents formats. Matière et couleur décalent ou subliment ses différentes grimaces. Il est tour à tour hilare, perplexe, triste, épouvanté, dédoublé, cauchemardesque, ou un peu moqueur.

Ses titres en anglais, Smile, Bad Toke, The show must go on, Sign of the Times, Save the Planet, Closer Loser... sonnent tels des titres de chansons grinçantes. Life loves me !

C'est l'hybridation entre la figure universelle du clown, le centrage sur la toile, les mots à leur juste place et les aplats de couleurs qui percutent, alertent. Autant d'affiches de cirque, virales, qui voudraient crier fort sur les murs de la ville mondiale en folie. Pas si loin de Rimbaud et de son Cœur du pitre.

Bad Joke ? Baladin social, Troy continue d'affronter sa petite planète picturale, en solitaire, tout en s'embarquant dans le monde exaspéré qu'il a bien du mal à voir meilleur. Comme un clown seul, regardeur-regardé, mais qui ne serait pas dupe, égratignant sa griffe, restituant sa marque de sincérité et de causticité. « Le clown, c'est le poète en action, écrit Henry Miller... Le clown nous apprend à rire de nous-mêmes. Et ce rire-là est enfanté par les larmes »*. The Artist Saves The Day ?

Anne-Marie Fèvre
* Le sourire au pied de l'échelle, Henry Miller, 1948

Vernissage-party de Troy Henriksen "Happy Hours"
Monsieur Destin
Location: Galerie W
Eric Landau
5, rue du Grenier Saint-Lazare
75003 Paris
M° Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 42 54 80 24
Fax : +33 (0)1 42 55 58 00
Mail : info@galeriew.com
Internet Site : www.galeriew.com
Date: Tuesday, December 3, 2019
Time: 19:00-22:00 CET

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