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Vernissage presse de l'exposition "Wols, histoires naturelles"


Galerie d'art graphique, Musée, Niveau 4

4 mars 2020 - 18 mai 2020

Référence incontournable pour les historiens d'art, Wols (1913-1951), dessinateur, photographe et peintre, proche du surréalisme et inventeur d'une abstraction radicale, demeure encore largement méconnu. Du 4 mars au 18 mai 2020, le Centre Pompidou consacre à l'artiste l'exposition « Wols. Histoires naturelles», près de 50 ans après sa dernière rétrospective au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris. La confidentialité du travail de Wols, disparu prématurément, tient à la rareté de ses œuvres et à leur dispersion géographique. De nombreux dessins sont toujours, aujourd'hui, conservés dans des collections particulières comme des secrets jalousement gardés, contribuant à la dimension mythique de l'artiste.

Rassemblant plus d'une centaine d'œuvres, « Wols. Histoires naturelles» propose de relire le dessin de l'artiste à la lumière de ses autres pratiques : la photographie, l'écriture et la peinture. Dans l'art de Wols, fait de renversement, la photographie forme le regard et nourrit la pratique du dessin. Les patients entrelacs tracés par l'artiste sur de petites feuilles de papier contiennent en germe la peinture, gestuelle et spontanée, de ses dernières années. « Wols. Histoires naturelles » invite le visiteur dans un parcours initiatique reproduisant en cinq sections - piéger, transmuer, concentrer, décomposer, éclabousser - la manière dont Wols appréhende le monde et le transpose dans ses images.

Plus de cinquante œuvres de Wols et plusieurs de ses textes manuscrits présentés dans l'exposition sont issus des collections du Centre Pompidou. Dès 1946, Georges Salles, alors directeur des Musées de France, fait l'acquisition de quatre aquarelles auprès de Wols, alors totalement inconnu. Depuis, ce fonds a été enrichi grâce à la générosité des donateurs, mais aussi par des acquisitions régulières et enfin, en 2011, par le biais d'une importante dation de trente-deux dessins et peintures de l'artiste. Majoritairement constitué d'œuvres graphiques mais comportant aussi des peintures et des tirages photographiques originaux, cet ensemble offre un panorama exceptionnel sur la variété du travail de Wols. Pour compléter cet ensemble, et présenter le travail de l'artiste dans toute sa richesse et sa diversité, l'exposition a également bénéficié de prêts généreusement consentis par de grands collectionneurs.

À une époque où nous n'avons de cesse d'interroger les a priori historiques, l'œuvre de Wols semble particulièrement pertinente. Bien que l'artiste n'ait jamais participé à une avant-garde, son art s'enracine dans les mouvements artistiques les plus révolutionnaires du début du siècle dernier : le constructivisme du Bauhaus, la photographie humaniste, le surréalisme. Il en propose une synthèse originale qui porte aussi la marque du romantisme allemand. En empruntant ces chemins de traverse, Wols aboutit, en 1946, à une abstraction radicale qui deviendra la référence de la génération des critiques et des peintres de l'art informel.

À mi-chemin entre deux cultures, française et germanique, son œuvre constitue aussi un trait d'union entre deux époques scindées par la guerre : les années bohème du Montparnasse des années 1930, et les errances existentialistes du Saint-Germain-des-Prés de la fin des années 1940. Sa peinture, dont le style reste étroitement associé dans l'imaginaire commun à l'après-guerre, s'est pourtant forgée dans l'isolement. Exilé sans papiers, prisonnier dans les camps français d'internement français, puis fugitif se cachant des autorités allemandes, Wols a choisi d'appréhender le monde en deçà des apparences, puisant une force peu commune dans le spectacle de la nature.




Wols
Une toute petite feuille pour contenir le monde

L'exposition inédite que consacre le Centre Pompidou à Wols propose au travers d'une centaine de dessins, d'une trentaine de photographies et de quelques peintures, une relecture de son dessin à la lumière de ses autres pratiques : écriture, photographie et peinture. Conçue comme un parcours initiatique, elle comporte cinq sections - piéger, transmuer, concentrer, désagréger, éclabousser - décrivant la manière dont Wols appréhende le monde, et le transpose dans ses images.

De Wols, on ne retient souvent que le destin tragique si intimement lié à la grande histoire : le choix de l'exil alors que l'Allemagne est rongée par le nazisme ; la précarité de l'émigré sans papier cherchant refuge en France, en Espagne, puis en France à nouveau ; l'internement dans les camps de la zone sud après l'éclatement du conflit ; les errances, après-guerre, dans le Saint-Germain-des-Prés existentialiste où il achève son lent suicide par l'alcool. Dans ce récit, Wols incarne à la fois l'artiste qui, à la manière d'un Fautrier, expierait les crimes du nazisme et de la guerre, et le peintre maudit qui paierait son génie, au prix de l'exclusion. Certains ont d'ailleurs tôt fait d'opposer l'impulsivité de ses peintures - qui représenteraient une sorte de point zéro d'un nouvel art (Georges Mathieu) - à la subtilité de ses dessins. Mais qu'en est-il vraiment ?

Wols, de son vrai nom, Otto Wolfgang Schulze, naît dans une famille aisée, en 1913. Durant son enfance choyée à Dresde, il reçoit une éducation libérale où les arts (la musique surtout) tiennent une large part. En 1929, la mort de son père semble le précipiter dans une longue période d'apprentissage qui ne s'achèvera qu'à la fin des années 1930. Touche à tout, Wols travaille dans un atelier Mercedes, s'initie à l'ethnologie auprès de Léo Frobenius, pour se former finalement chez la photographe Genja Jonas. À Berlin, puis à Paris, il côtoie les protagonistes des avant-gardes et évolue bientôt, grâce à sa compagne Gréty Dabija, dans les cercles du surréalisme. Sans jamais se départir d'une sorte de dilettantisme, il emprunte aux différentes tendances, là, un sujet, là, un cadrage ou encore une technique. Peu de clichés d'époque subsistent (l'artiste abandonne définitivement cette pratique en 1941), mais grâce aux tirages modernes réalisés sous la supervision de sa sœur, Elfriede Schulze-Battmann, il est possible de discerner leur originalité : la mise à distance de ses sujets qui apparaissent comme scrutés à travers la lentille d'un microscope. Bien que longtemps reléguées dans l'ombre de ses dessins et ses peintures, ces photographies nous renseignent non seulement sur la formation de son regard mais aussi sur ce qui en fait la spécificité.

En 1941, l'artiste esquisse un ambitieux projet, le Cirque Wols - somme de l'ensemble de ses recherches - en vue d'obtenir un visa pour les États-Unis. Conçu comme un système élaboré de projections, le Cirque est autant une machine à voir qu'à montrer. Bien que Wols abandonne par la suite toute visée utopiste, ses dessins conservent une fonction semblable. Intrinsèquement liés au texte - si l'artiste répugne à les exposer dans le cadre classique d'une galerie, il cherche à les rassembler dans un recueil aux côtés de ses aphorismes -, ses dessins illustrent cette manière de penser le monde en deçà des apparences, dans un syncrétisme où les philosophies extrêmes orientales rencontrent la réflexion de Nietzsche.

Vernissage presse de l'exposition "Wols, histoires naturelles"
Wols, Le Pavillon de l'élégance, 1937, épreuve gélatino-argentique, 39.4 x 28.3 cm (détail)
© Centre Pompidou / Dist. Rmn-Gp
Location: Centre Pompidou
Musée National d'Art Moderne - Beaubourg
Place Georges Pompidou
19, rue Beaubourg
75191 Paris Cedex 04
M° Rambuteau, Hôtel de Ville, Châtelet
France
Phone : +33 (0)1 44 78 12 33
Fax : +33 (0)1 44 78 13 03
Internet Site : www.centrepompidou.fr
Date: Tuesday, March 3, 2020
Time: 11:00-13:00 CET

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