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Vernissage de l'exposition "La Vie silencieuse"


Harold Guérin, Maude Maris, Kristina Shishkova et Stéphane Thidet
Commissaire d'exposition : Juliette Fontaine

Vernissage vendredi 13 mars 2020 de 18h à 21h

Le CAPA a le grand plaisir de vous inviter vendredi 13 mars 2020 de 18h à 21h dans un appartement de la Maladrerie à Aubervilliers, pour le vernissage de l'exposition La Vie silencieuse avec Harold Guérin, Maude Maris, Kristina Shishkova et Stéphane Thidet.

En espérant vous y retrouver, bien à vous,
Juliette Fontaine
Directrice du CAPA - Centre d'Arts Plastiques d'Aubervilliers, commissaire de l'exposition

Exposition du 14 mars au 5 avril 2020
de 15h à 19h et sur RV au 01 48 34 35 34
7 allée Georges Braque 93 000 Aubervilliers
Métro 7 Fort d'Aubervilliers (voir plan ci-dessous)
mail : juliette.fontaine@capa-aubervilliers.org / contact@capa-aubervilliers.org
www.capa-aubervilliers.org

La peinture et la sculpture parlent et pensent, mais en silence. Devant une peinture, nous sommes à un seuil où les mots se désemplissent de sens et s'assèchent, se creusent et peut-être disparaissent tout à fait. La pensée articulée se délite, se disloque, vacille. « La peinture n'a rien à voir avec la raison raisonnante ». Si la poésie le fait déjà par sa fulgurance ou la dislocation de son langage, la peinture et la sculpture nous éloignent très radicalement du discours. Quand la poésie fissure l'éloquence, et quand le dessin, par le travail de la ligne se rapproche d'une écriture, la peinture et la sculpture, elles, deviennent un poème élargi, mais coi. Elles nous suspendent à leur seul étonnement, à leur infinie résonance. En acceptant cette éclipse du langage, nous séjournons alors dans l'intensité d'un désordre, dans le tumulte d'une interruption, d'une césure incertaine : celle du langage. Le régime des œuvres plastiques n'est pas discursif, mais relève de ce qui se tait et qui ne parle pas.

Cette nouvelle exposition au CAPA se place donc sous le signe du silence et, pourrait-on dire, de l'inquiétante douceur qu'il peut susciter par sa puissance. Elle est définitivement du côté de l'absence du langage ; les seuls sons de l'exposition proviennent d'une vidéo de Stéphane Thidet, Half Moon, sourdant les bruits nocturnes d'une nuit d'été à Saratoga. C'est aussi la seule œuvre où apparaissent des êtres vivants - des animaux. Car, se plaçant du côté des choses muettes, avec une prédominance minérale, cette exposition ne présente aucune figure humaine. En prenant le parti des choses, elle effleure ou aborde le genre de la nature morte, still life qui se traduit en anglais par vie immobile, signifie aussi dans un anglais moins usité une vie calme, une ambiguïté qui irrigue le titre de La Vie silencieuse.

Quand il ne fait pas de photographie à la chambre, Harold Guérin dessine sur du papier de verre ou avec de la poussière de terre frottée sur du papier. Aussi, il fabrique des objets à partir de matériaux issus de paysages qu'il a arpentés tels que le grès rose des Vosges ou des prélèvements de terre. Maude Maris conçoit en peinture des espaces artificiels à partir d'agencement d'objets qu'elle a créés dans son atelier et qu'elle photographie dans de petites mises en scène. Kristina Shishkova conçoit, souvent en grand format, des paysages à partir de la longue observation d'objets - notamment de pierres - et de contemplation de paysages dont la temporalité s'en trouve ainsi suspendue. Quand il ne crée pas d'installations, parfois de grande envergure mais toujours à l'échelle de l'espace dans lequel il intervient, Stéphane Thidet agence dans une poétique subtile des matériaux naturels avec des objets industriels. Dans leur rapport aux choses et dans leur pratique, ces quatre artistes reconsidèrent à leur manière la possibilité d'un réenchantement à partir d'extraits et de prélèvements du monde.

Juliette Fontaine
Février 2020

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Le cadre de ce projet est le quartier de la Maladrerie, créé à Aubervilliers par l'architecte Renée Gailhoustet entre 1975 et 1986, dans une approche fonctionnaliste caractéristique du mouvement moderne, dont l'expérimentation architecturale visait aussi une transformation sociale. Formé d'un millier de logements sociaux, d'équipements de quartier et d'une cinquantaine d'ateliers d'artistes, dans une architecture triangulaire et labyrinthique offrant des échelles très diversifiées, avec des jardins à tous les étages et dans un espace urbain sans voitures, ce quartier témoigne d'une utopie radicale dont le potentiel demeure encore très sensible aujourd'hui, malgré le vieillissement des lieux.

Implanté depuis longtemps dans ce quartier, le Capa a engagé depuis trois ans une complète transformation vers un projet de centre d'art sous l'impulsion de sa nouvelle direction, tout en déployant et approfondissant des activités à l'attention des amateurs et des partenariats avec les structures locales. Sa recherche d'espaces pour ses expositions l'a conduit à proposer un partenariat à l'OPH d'Aubervilliers qui lui met à disposition des logements sociaux entre deux locations, ainsi transformés en espaces d'exposition temporaires.

Créer des expositions exigeantes et itinérantes dans une cité au contexte social aussi difficile répond à la volonté d'expérimenter de nouvelles formes, aussi bien pour les artistes que pour une population locale qui en est totalement privée. Tout en veillant à la haute exigence de son projet artistique, le CAPA implique profondément les habitants d'une manière dans le déroulement des évènements, tout en proposant un réel travail de médiation et d'inscription auprès du public. Des logiques hétérogènes cohabitent et dialoguent : les expositions se confrontent aux territoires du quotidien. Leur caractère éphémère s'adresse à tous les protagonistes des lieux, qu'ils soient habitants, artistes ou visiteurs. Elles ouvrent un espace de dialogue et de modification des rapports susceptible d'activer de nouvelles transformations des rôles et des regards.

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Exposition collective organisée par le CAPA - Centre d'Arts Plastiques d'Aubervilliers, La Maladrerie - Aubervilliers, avec le soutien de l'OPH et la ville d'Aubervilliers. Mécénats : le Fonds de dotation agnès b. et l'OPH de la ville d'Aubervilliers.

Vernissage de l'exposition "La Vie silencieuse"
Maude Maris, Holes, 2017 (détail)
Location: Aubervilliers
Aubervilliers
93300 Aubervilliers
M° RER B La Courneuve - Aubervilliers, Aubervilliers - Pantin - Quatre Chemins
France
Internet Site : www.aubervilliers.fr
Date: Friday, March 13, 2020
Time: 18:00-21:00 CET

id : 115647


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