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After du vernissage de Jules De Balincourt


Jules De Balincourt "There are more eyes than leaves on the trees"

2 JUILLET - 5 SEPTEMBRE 2020

L'EXPOSITION SERA OUVERTE
DURANT PARIS GALLERY WEEKEND (2 - 5 JUILLET)

UNE EXPOSITION EN LIGNE SERA INAUGURÉE SIMULTANÉMENT
JEUDI 2 JUILLET 2020, 10H

Vernissage de Jules De Balincourt "There are more eyes than leaves on the trees"

La galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir de présenter une exposition de peintures récentes de Jules de Balincourt. Débutée il y a plus d'un an et achevée au début de l'année 2020, cette nouvelle série de paysages abstraits, qui mélange formats intimistes et de grandes dimensions, exprime un désir d'évasion physique et émotionnelle. La présence apaisante de la nature est manifeste dans de nombreuses toiles, représentant le besoin d'un refuge en retrait du monde dans lequel nous vivons. Créées lorsque Jules de Balincourt partageait son temps entre le Costa Rica où il vit en partie depuis 20 ans, et Brooklyn, où il a passé les derniers mois confiné, ces œuvres résultent d'une réflexion personnelle sur les possibilités d'une isolation.

Le titre de l'exposition "Il y a plus d'yeux que de feuilles sur les arbres" est tiré d'un proverbe costaricien vernaculaire, qui traduit l'idée que, aussi isolé que vous soyez, tout le monde est toujours au courant de ce que vous faites, même dans un petit village de pêcheurs perdu dans la jungle. Il évoque également le débat sur la domination de l'homme sur la nature dans un monde allant vers une catastrophe écologique.

Comme Jules de Balincourt l'explique: "J'étais curieux de voir ce qui se passerait si je peignais simplement un tableau - en éloignant la peinture de sa dimension narrative littérale. J'aime l'idée de placer le spectateur à ce tournant de la peinture, dans lequel sa réponse émotionnelle oscille entre le réalisme rationnel et la figuration, d'une part, et le subconscient abstrait ou primitif, d'autre part. En présentant la dualité de ces deux manières de penser et d'être, ces peintures permettent au spectateur de voyager du conscient et du reconnaissable vers le mystérieux et l'inconnu.

Jules de Balincourt insiste sur la construction purement intuitive de ses œuvres. L'artiste, qui travaille sans croquis préparatoires, fait apparaître progressivement une géographie subconsciente constituée de zones de couleurs articulées successivement l'une par rapport à l'autre. L'unité spatiale présente dans ses peintures, où une perspective ou un horizon semblent toujours structurer la composition, est donc construite à l'inverse du schéma pictural habituel. La juxtaposition de couleurs vives, ainsi que la présence d'une nature luxuriante, rappellent les caractéristiques visuelles qui ont défini au tournant du 20ème siècle le Primitivisme et le mouvement Nabi, tout en offrant une méditation sur le sens de la vie contemporaine. Avec son style unique, Jules de Balincourt traite l'omniprésence enveloppante de la nature de manière à créer un sentiment d'intimité qui rappelle celui élaboré par Edouard Vuillard dans ses scènes d'intérieur.

L'île, motif récurrent dans l'oeuvre de l'artiste, incarne parfaitement l'ambivalence de ce dernier. Il évoque des idées d'isolationnisme, ainsi qu'une conception plus utopique du refuge, du sanctuaire ou du paradis perdu. L'île est également un exemple clé de ce que le philosophe français Michel Foucault a appelé une "hétérotopie" pour décrire certains espaces culturels, institutionnels et discursifs qui sont en quelque sorte "autres" : dérangeants, intenses, incompatibles, contradictoires ou transformateurs. Les hétérotopies sont des mondes à l'intérieur des mondes, qui reflètent et déstabilisent ce qui se passe à l'extérieur. La porosité entre l'extérieur et l'intérieur est un trope fréquent dans l'œuvre de Jules de Balincourt : les intérieurs sont souvent sans murs, envahis de plantes ou de dimension démesurée à la manière surréaliste. Dans They Each Had Their Lesson (2020), une main géante pénètre de façon intrusive l'architecture stricte d'un bâtiment dont la structure, composée de neuf cubes ouverts, évoque les principes de l'architecture moderniste, établissant un parallèle entre les règles normatives de l'architecture et l'expérience personnelle d'enseignement de Balincourt dans une école locale.

Son utilisation audacieuse des couleurs contribue également à créer une atmosphère ambiguë, brouillant toute proportion et modifiant le sens de la réalité sur le plan visuel. L'artiste cite souvent les impressionnistes et les post-impressionnistes comme une influence importante sur son travail. Cependant, les peintres figuratifs actifs dans la baie de San Francisco dans les années 1960 et 1970, tels que Richard Diebenkorn ou Elmer Bischoff, ont joué un rôle tout aussi important pendant ses années de formation, puisque Balincourt a grandi en Californie et a étudié à San Francisco. Son travail révèle également l'influence des peintres modernistes américains du XXe siècle qui ont introduit l'abstraction dans la tradition de la peinture de paysage, comme Arthur Dove ou Milton Avery.

Cette nouvelle série témoigne d'un intérêt récent de l'artiste pour un détachement de la figuration, en quête d'une approche plus spirituelle ou existentielle de la peinture. Les lignes courbes façonnant le paysage naturel dans City People and Country Roads (2020) rappellent la composition du célèbre tableau La joie de vivre (1905-06) d'Henri Matisse. Mais, là où Matisse peignait une fantaisie pastorale, Jules de Balincourt dépeint une scène plus équivoque dans laquelle les silhouettes solitaires n'interagissent pas entre elles. Tantôt directement politique ou frontale, tantôt plus introspective, l'œuvre de Jules de Balincourt se situe à un croisement où les possibilités oscillent entre deux réalités très différentes, laissant au spectateur le soin de déterminer son propre récit.

Vernissage de Jules De Balincourt "There are more eyes than leaves on the trees"

A propos de l'artiste

Jules de Balincourt, né à Paris en 1972, s'est installé avec sa famille à Los Angeles, en Californie, au début des années 1980. En 1998, il a obtenu son diplôme du California College of Arts de San Francisco et s'est installé à Brooklyn en 2000. Il vit et travaille aujourd'hui à Brooklyn, New York et dans une petite ville du Costa Rica.
Au début de sa carrière, il a participé à des expositions de groupe emblématiques telles que Greater New York au PS1/MoMA (2005) ; Notre histoire... au Palais de Tokyo à Paris (2006); Art in America : 300 Years of Innovation au Guggenheim Bilbao en Espagne (2007) et USA TODAY à la Royal Academy de Londres (2006) et à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg en Russie (2007).

Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions personnelles, notamment au Mori Art Museum de Tokyo (2010), au Musée des Beaux-Arts de Montréal (2013), au Musée d'art contemporain de Rochechouart (2014), au Modern Art Museum de Fort Worth, Texas (2014-2015), au Kasseler Kunstverein, Kassel (2015), et il a récemment participé à d'importantes expositions collectives : Rehang, Collezione Maramotti, Reggio Emilia, Italie (2019 - en cours), Eldorado 3000 avec deux expositions Les enfants du paradis, MUba Eugène Leroy Tourcoing et Eldorama, Tripostal, Lille, France (2019).

Il prépare actuellement une exposition personnelle prévue pour mars 2021 au CAC Málaga, en Espagne.
Location: Galerie Thaddaeus Ropac Pantin
69, avenue du Général Leclerc
93500 Pantin
M° Gare SNCF Pantin
France
Phone : +33 (0)1 55 89 01 10
Fax : +33 (0)1 55 89 01 11
Mail : galerie@ropac.net
Internet Site : www.ropac.net/contact/paris-pantin
Date: Thursday, July 2, 2020
Time: 21:00-23:55 CEST

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