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Vernissage de Pascal Geoffroy "Shino"


du jeudi 7 au samedi 30 octobre
Vernissage jeudi 7 octobre de 18h à 21h

Pascal Geoffroy, connu plutôt pour ses grès bruts cuits dans son four Anagama, présentera, pour la première fois à Paris, ses œuvres en émail Shino. Une occasion de découvrir un monde nouveau de formes et de lumières, façonné dans la solitude du Larzac.

Le pédagogue, enseignant à l'école Olivier de Serre, en est devenu l'ardent promoteur en France. Ceux qui ont eu la chance de participer à la passionnante rencontre de Giroussens sur ce thème, se souviennent de l'exceptionnel plateau international qu'il avait rassemblé pendant un week-end d'octobre 2008. Mais le praticien Geoffroy est aussi un des céramistes français, sinon le céramiste français, qui va le plus loin dans la maîtrise de cet art. Pour arriver au Shino, Pascal est passé par trois étapes. D'abord, la découverte du Japon, dans les années 70, grâce au Livre du Potier de Bernard Leach, ensuite la recherche d'émaux orangés dans l'esprit de Daniel de Montmollin, en fait un Shino à l'occidentale, enfin, la découverte des Shino japonais, confirmée par l'exposition, en 1998 à l'espace Mitsukoshi, à Paris, du maître japonais du Shino contemporain, Osamu Suzuki.
Historiquement, le style Shino est apparu, au Japon, au 16e siècle à l'époque Momoyama, Il a été créé pour la cérémonie du thé en harmonie avec l'esthétique du wabicha conçue par le maître de thé Sen no Rikyû. Tombé en désuétude, il a été redécouvert, dans les années 1930 par le céramiste Toyozô Arakawa. Celui-ci a montré que les fours de Shino se trouvaient dans la région de Mino, qui possédait des filons d'une argile particulière, l' « argile moxa ». Mino fut, d'ailleurs, la destination d'un voyage décisif pour Pascal en 2006.

En fait, les Shino résultent de la rencontre d'une argile et d'un émail. Une terre légère et sableuse et un émail à base de feldspath. «Cette terre dégraissée» absorbe, à cru l'eau contenue dans l'émail plastique et donne aux pots cette couverte si reconnaissable, épaisse et parsemée de picots et de retraits. Mais, ce sont aussi les couleurs qui retiennent notre attention: le blanc (Muji-shino), la référence au Japon, le rouge orangé (aka-shino), qui est, en fait, la couleur repère chez nous et les gris (nezumi-shino). Un même émail sur une même terre produit plusieurs couleurs. L'explication est fournie par la loi de Gibbs. Cette loi sur les tensions superficielles énonce que les ions de fer migrent à la surface de l'émail, produisant la couleur rouge. Plus l'émail est épais, plus cette migration est difficile. C'est alors que la couverte reste blanche. Au contraire, une mince couche d'émail laisse émerger les ions de fer et donc le rouge. L'artiste a le loisir de combiner la présence du fer, soit dans l'argile soit par un engobe ferrugineux sous couverte, et de choisir l'épaisseur de l'émail. Mais l'autre secret du Shino, le vrai secret d'après Pascal Geoffroy, c'est la cuisson qui doit être longue pour permettre la migration du fer et le refroidissement qui doit être lent pour garder les couleurs. C'est pourquoi notre expert cuit au four à gaz pendant 30 heures dont 18 en réduction de 1100 à 1300 °C.

L'univers formel que l'on découvrira en octobre sera composé de trois éléments : des bols, des demoiselles et des vaisseaux . Les bols, formes génériques sont modelés de facettes et « d'arêtes qui sont là pour faire chanter l'émail du blanc au rouge ». La minceur de l'émail fait émerger les orangés. Les demoiselles taillées dans des gros pains de terre sont semblables aux monolithes érodés emblématiques des Grands Causses. Les vaisseaux, formés de deux plaques soudées, sont des formes simples, des barques où Pascal inscrit avec sa lame de scie des mouvements exprimant l'énergie, le Qi.
Mais, l'art Shino est un art de la globalité. C'est une façon de ressentir et une façon d'exprimer le monde. « Un émail rude et austère à l'image de ce paysage aride » des Causses. Ce normand est installé depuis 1992 à Saint-Sauveur, « lieu choisi » dans ce hameau perdu, là où le plateau du Larzac commence à s'incliner vers la vallée de la Dourbie. Remarque majeure : ce n'est pas le paysage qui l'inspire, c'est la minéralité. Le travail de modelage « doit venir de l'intérieur de la matière. Ce n'est pas un travail de revêtement de surface. Les états de surface sont dus à ce qui se passe dans le magma ».
Pascal Geoffroy exploite l'alphabet Shino avec une totale liberté. Il ouvre ainsi une nouvelle voie à l'art céramique occidental.

Ce texte a été librement adapté de l'article de Bernard Bachelier (parution numéro septembre-octobre 2010, Revue de la céramique et du verre).
Location: Galerie Médiart
L'Art du Vivant
109, rue Quincampoix
75003 Paris
M° Rambuteau, Etienne Marcel, Les Halles, Châtelet
France
Phone : +33 (0)1 42 78 44 93
Mobile : +33 (0)6 82 84 65 36
Fax : +33 (0)1 42 78 44 93
Mail : vanbay@free.fr
Internet Site : www.galerie-mediart.com
Date: Thursday, October 7, 2010
Time: 18:00-21:00 CEST

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