Agence Germain Pire

Home

Bottom

Day



Vernissage de Dennis Rudolph "Genèse de l'Enfer"


Du 26/04/2014 au 07/06/2014

ARTISTES :
Dennis Rudolph

PRÉSENTATION :
Une performance de Dennis Rudolph et Somekilos de Bobigny à Paris.
Départ de la Bourse du Travail de Bobigny le 26 avril à partir de 16h
[ La Séparation de Toutes Choses ]
Bourse du Travail 1, place de la Libération 93000 Bobigny

Vernissage le 26 avril 2014 à partir de 16:00

El Greco a peint au moins quatre versions de La purification du Temple. Certains y ont vu une version primitive du fordisme.... D'autres ont compris que dans la répétition du geste, le peintre cherchait un absolu, une pureté dans le message. Utilisation ironique et perverse de la méthode des marchands contre application esthétique de la volonté divine. Le marché, l'artiste - et entre les deux, un courant qui ondine. Mais laissons là cette parenthèse, inconséquente sans doute, car pendant que la recherche recherche, Dennis Rudolph avance.

Temps faustien.
Est en avance, même. Il a tiré avant les autres les leçons de l'histoire, la politique comme l'artistique. La division du monde, il l'a matérialisée dans son œuvre ; l'Occident, il en a dessiné la fin. Une ébauche, des contours, déjà. Sans pessimisme, ni fatalisme, mais avec une douce sérénité, empli des certitudes du créateur. Alors que cette ouverture tire vers la grandiloquence empesée de celle du Tannhäuser, il est grand temps de revenir à l'art. Avant qu'il ne soit trop tard.
C'est au beau milieu du désert de Mojave, aux abords de California City, que Dennis Rudolph a débuté THE/PORTAL, projet démesuré, fortement empreint d'hubris, apocalyptique dans tous les sens du terme. C'est là qu'il souhaite dresser une Porte du Paradis et de l'Enfer, séparation matérielle des mondes. C'est ici que l'Occident s'arrête, ouvrant sur le désert, fermant l'horizon du Pacifique. De cette ville où l'utopie a tourné à la catastrophe, on retrouve le sublime des ruines romantiques, les envolées géniales des maîtres du Land Art.

What a nice surprise, bring your alibis.
Dennis Rudolph ou le Saint Antoine moderne. Comme Prométhée, comme Frankenstein, comme Scott Walker. De ce désert symbolique il a ramené des bribes d'œuvres qu'il assemble, électrise, insufflant la vie à un monstre génial et effrayant. Cette Gorgone, il a choisi de la présenter scindée en deux à la galerie Olivier Robert. Un premier lieu, premier temps, qui convoque autant Walter Benjamin que le merchandising le plus cru, la violence de carreaux bruts liant la mort mécanisée à la mort contenue, les structures éphémères et militaires révélant la gloire des stratégies. Le souffle entêtant du vent, les pérégrinations - qui cherchent l'Homme, qui martèlent le Dieu mort - rythment un espace où le mythe de la conquête spatiale porte et éteint les illusions, où la lumière du soleil s'étiole sur l'océan.

Des prophètes, une prophétie.
De l'autre côté, de l'espoir, un Paradis sombre. Des enfants disparus, une Révolution qui amène la Lumière à la Terreur, des relents de Vietnam et des anges aussi beaux que déchus. Un résumé de notre époque dans des toiles symboliques, déchassées, violemment élégantes, capables de confronter la tradition à son œil cyclopéen, troisième du nom.
En deux performances, La séparation de toutes choses (26 avril) et Le mariage de toutes choses (23 mai), il bouclera un cercle forcément dantesque. Remontant aux origines de toutes choses, renversant notre monde, il déclamera une vision tragique et sublime mêlant architecture, sociologie, art et théologie. Sans sacré, tout simplement à la recherche d'un temps perdu, celui qui a vu s'originer l'Enfer. Et admirer un Temple purifié, quatre fois.

Benjamin Bianciotto
Location: Galerie Olivier Robert
5, rue des Haudriettes
75003 Paris
M° Rambuteau, Arts et Métiers
France
Phone : +33 (0)1 43 25 31 87
Mail : info@galerieolivierrobert.com
Internet Site : www.galerieolivierrobert.com
Date: Saturday, April 26, 2014
Time: 16:00-21:00 CEST

id : 56527


Top