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Finissage de l'exposition "Panic Room"


L' atelier Vilmouth est heureux de vous inviter à leur première exposition collective de l'année.
L' exposition sera visible du 8 au 11 décembre.
Avec la proposition de Benjamin Testa, l'espace de la galerie gauche sera mouvante durant la semaine.

VERNISSAGE le 8 décembre 2014 / 18H30 / Galerie Gauche et Droite / ENSBA

FINISSAGE le 11 décembre 2014 / 18H30 / Galerie Gauche et Droite / ENSBA

Texte de l'exposition écrit par Jean-Yves Jouannais

Panic Room

« Alli sauta sur le vaisseau de Hrut, et il faisait le vide tout autour de lui. »
(Anonyme, La Saga de Nial, traduit de l'islandais par Rodolphe Dareste de la Chavanne), Éditions E. Leroux, Paris, 1896, chapitre II, p. 10)

S'il existe un artiste que cette exposition concerne au premier chef, c'est bien Antartido A. Garay, sculpteur du vide si justement célébré par Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares, plasticien dont l'approche des lieux, qu'ils fussent publics ou privés, extérieurs ou intérieurs, qu'ils consistent en les cimaises d'une galerie d'art ou en les édifices d'une place publique, consistait à privilégier et signer, en quelque sorte, les espaces entre les objets ou entre ces mêmes objets et les murs. « Tout le monde sait bien que l'œuvre sculptée de Garay, telle qu'elle est exposée sur la petite place du même nom, consiste en l'espace qui s'interpose, jusqu'à toucher le ciel, entre les édifices construits à l'intersection des rues Solis et Pavon, sans omettre, cela s'entend, les arbres, les bancs, la rivière artificielle et les badauds qui passent. L'œil sélectif impose sa vision ! »
Ce plasticien du gaz, comme disent les aficionados de l'escalade, ou de l'éther, pour parodier Descartes ou Newton, devrait à juste titre se sentir menacé, tout du moins provoqué, par un protocole d'accrochage tel celui qui conditionne Panic Room, lequel, en réduisant progressivement le périmètre du lieu, tend à raréfier l'espace entre les œuvres.

Les différents éthers considérés par les physiciens sont « des substances subtiles distinctes de la matière et permettant de fournir ou transmettre des effets entre les corps ». Ce vide où tout s'opère et sans quoi ne peut s'expliquer ni la transmission de la lumière, ni le transport des ondes électromagnétiques, s'est toujours montré rétif à sa mise en équation, contraignant les chercheurs à d'intenables degrés d'abstraction, les entraînant à de timides considérations générales au sujet des fluctuations du vide quantique. Ainsi n'est-il pas si simple de faire le vide. Lorsqu'on réduit, jusqu'à l'annuler, l'espace séparant deux œuvres, fait-on pour autant de celles-ci un seul et même objet, de cette famille physique que l'on nomme agrégat - de grex-gregis (troupeau) -, réunion fusionnée d'éléments distincts ? Il faudra attendre le terme du processus pour en juger.
Le dernier mot échappe là au critique d'art. Ce dernier mot, c'est l'exposition Panic Room qui le donnera, au dernier instant de son devenir « peau de chagrin ».

Jean-Yves Jouannais

Jorge Luis Borges, Adolfo Bioy Casares, Les Chroniques de Bustos Domecq, traduit de l'espagnol par Françoise-Marie Rosset, Éditions Rober Laffont, Paris, 2011, pp. 94-95.
Location: Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts
ENSBA
14, rue Bonaparte
13, quai Malaquais
75006 Paris
M° Saint-Germain-des-Prés
France
Phone : +33 (0)1 47 03 50 00
Fax : +33 (0)1 47 03 50 80
Mail : info@ensba.fr
Internet Site : www.ensba.fr
Date: Thursday, December 11, 2014
Time: 18:30 CET

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