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Vernissage de l'exposition collective "FISSIONS"


Galerie Louise
4 place Severine
louise.atelier@gmail.com

Sur une proposition de Fanny Lambert, l'exposition « Fissions » rassemble les oeuvres de : Charlotte Charbonnel, Nils Guadagnin, Bertrand Rigaux, Ellen Schroven et Rémi Voche.

Du 18 avril au 30 juin 2015
VERNISSAGE LE SAMEDI 18 AVRIL DE 18H A 21H

« Et sans doute notre temps ... préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être ... Ce qui est sacré pour lui, ce n'est pas l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui le comble du sacré. »

Feuerbach
(Préface à la deuxième édition de L'Essence du christianisme) -
[Incipit du chapitre 1 - la séparation achevée in La Société du Spectacle de Guy Debord -]


L'exposition est une expérience, une cellule, un précipité en attente de délivrer une vision. Réunies autour d'une terminologie aux propriétés « radioactives », les œuvres rassemblées ici ont en commun la mise en situation d'une ambiguïté latente. Résistant à se donner d'emblée, issues de pratiques et de médiums aussi divers que la vidéo, la photographie, l'installation sonore, ou encore le texte sous une forme poétique et éthérée, toutes forcent en elles l'illusion à venir se loger de façon formelle entre le plan et le volume, la représentation et sa matérialité, et enfin entre réel et virtuel. Semant le trouble, avançant masquées, elles viennent rappeler l'incontournable nécessité d'en faire appel aux composants "élémentaires" qui permettent d'appréhender la matière : la nature et la science, soit leurs corrélatives physiques et chimiques.

En faisant référence au phénomène éponyme connu pour sa défragmentation d'un noyau atomique lourd, l'exposition « Fissions » revêt, elle aussi, les aspects d'une tentative d'expérimentation. « Au lieu d'essayer vainement de sortir de ce cercle, il convient de faire l'expérience de l'état-de-chose dont il s'agit lorsque, toujours à nouveau, nous nous heurtons à ce mouvement circulaire ». L'expérience conduite en miroir à cette remarque de Martin Heidegger sur l'art et l'espace voudrait que l'œuvre en tant que projet, pensée, puis objet, soit ce point d'orgue venu se substituer à cette déperdition du réel autour de laquelle notre époque serait venue s'enrouler. Celle, d'abord, décrite en 1967 par Guy Debord, et avant lui par Ludwig Feuerbach, qui, en choisissant comme incipit à La Société du spectacle cette citation du philosophe matérialiste, annonçait déjà les prémices de ce que nommera Christophe Hanna, une « philosophie du désaveuglement ».

Afin de réinjecter de la matière à cette existence a-connectée ou ultra-connectée, toutes les œuvres présentées ici invitent, chacune à leur manière, à dépasser du regard les coulisses d'une réalité sous emprise. Au hasard de directions inattendues, la ligne d'horizon semble s'être déplacée, et de loin en loin le flou la gagne, la verticalité la guette. « Il y a du nouveau sous le soleil noir, de la matière noire », écrit Sollers.

En puisant à travers la science les potentialités d'une ligne permettant de redéfinir le cadre de l'espace, et en résonance avec la définition donnée par le philosophe allemand de l'artiste censé « accomplir (cette) confrontation » avec celui-ci, Fissions souhaiterait mener l'expérience inverse que sa propre définition en livre. Partir de l'éclatement du global et recouvrir enfin un lien qui ne serait plus uniquement de l'ordre du factice ou du mode illusoire (et dont l'art se serait a priori débarrassé), mais bien, à l'épreuve de la matière, réinvesti par les multiples fractions contenues par la substance.
L'évocation de la nature comme force tellurique se retrouve à plusieurs endroits de cette proposition, notamment à travers les traces des actions réalisées en pleine nature par Rémi Voche. En face, la science hésite entre perception physique et perception visuelle chez Nils Guadagnin ou encore chez Bertrand Rigaux. Ellen Schroven convoquera la lumière pour faire émerger un réel par intermittence. Enfin, un autre sens sera chargé de court-circuiter notre entendement grâce à l'installation déroutante de Charlotte Charbonnel.

Enfin, ce ne sera pas l'allusion au sacré que nous aurons retenue ici, mais bien les mystères propagés par les pouvoirs illusoires de l'objet lorsque ce dernier n'est plus vu qu'à travers des écrans intermédiaires. En attendant, il semble bien décidé à user de subterfuges quand il ne nous tourne pas le dos, le temps que l'acuité se fasse, à nouveau, plus précise.

Fanny Lambert

Vernissage de l'exposition collective « FISSIONS »
Location: Le Pré-Saint-Gervais
Le Pré-Saint-Gervais
93310 Le Pré-Saint-Gervais
M° Pré-Saint-Gervais, Hoche, Eglise de Pantin, Porte des Lilas, Mairie des Lilas
France
Internet Site : www.villedupre.fr
Date: Saturday, April 18, 2015
Time: 18:00-21:00 CEST

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