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Vernissage de l'exposition collective "Sequoia Dream"


à l'atelier-résidence
42 rue Anatole France
Noisy-le-Sec

une proposition de Jagna Ciuchta, artiste en résidence

Avec Pascal Butto, Nina Childress, Jagna Ciuchta, Suzanne Husky, Bernard Jeufroy, Miika, Nathanaëlle Puaud, Adrien Vescovi et des artistes anonymes

du 12 mars au 2 avril 2016
vernissage : samedi 12 mars à partir de 19h30

Si les rêves avaient des titres, celui que Jagna Ciuchta a fait au début de sa résidence serait "Sequoia Dream", "Le rêve du séquoia" en français. Cet arbre géant qu'elle a associé à son travail ici donne à ce rêve une dimension optimiste. Sans en pousser plus loin l'interprétation, le titre du rêve de l'artiste est aussi celui de cette exposition dans son atelier, faisant de celle-ci un espace à part. D'abord, elle a lieu dans un atelier. Même s'il n'est que temporaire, l'atelier d'un artiste est un espace intime dont l'organisation livre souvent une multitude d'indices annexes mais importants à l'appréhension de la partie visible de son travail. Ensuite, cet atelier, Jagna Ciuchta l'a d'emblée ouvert à d'autres artistes qu'elle a invités à occuper en échange du leur, testant par là les effets du contexte de l'atelier et de son environnement sur leurs travaux respectifs. Puis elle a invité pour cette exposition dans son atelier transitoire des artistes qu'elle a rencontré sur place, lors de sa résidence. Fruit de toutes ces relations, le moment du montage de l'exposition devient celui où s'élabore son propre travail. C'est pourquoi l'exposition devient ce lieu particulier où sont visibles les relations à la fois intimes et publiques d'un travail qui s'élabore sur place, avec, pour, sur, contre, entre les œuvres des autres artistes invités.

Jagna Ciuchta joue avec les critères qui fondent les jugements et la perception de l'art, avec ce qui détermine les habitudes et les réflexes de la profession. En s'infiltrant dans les rouages des institutions artistiques, elle aménage des marges de manœuvres au sein de pratiques très codées. Pour sa résidence à La Galerie, elle agit sur le fonctionnement du centre d'art et sur sa relation aux artistes, en empruntant notamment le pouvoir que détient l'institution d'inviter tel artiste et non tel autre, marquant une distinction forte entre des réseaux dits professionnels et d'autres dits amateurs. Élaboré autour d'invitations à d'autres artistes, qu'ils soient professionnels ou incertains, artisans d'art, avancés dans leur carrière ou débutants, créatifs, amateurs ou anonymes, le projet de Jagna Ciuchta met à l'épreuve les intentions déclarées du centre d'art de décloisonner les pratiques et de croiser les publics.

Elle a d'abord transmis l'invitation qui lui avait été faite par La Galerie à d'autres artistes ayant postulé en même temps qu'elle à la résidence. Elle a choisi Suzanne Husky et Adrien Vescovi parmi une centaine d'artistes et leur a proposé d'échanger, sur une période donnée, toutes les conditions matérielles, logistiques et financières qu'offre la résidence, insistant par là sur leur influence sur le travail de l'artiste, au même titre que l'environnement, le paysage ou le territoire...

Pour cette exposition, Jagna Ciuchta invite également des artistes qu'elle a rencontrés sur place. Elle s'est intéressée à leur œuvre autant qu'à leur personnalité et à leur parcours, cherchant à saisir chez eux leur relation particulière au travail, à l'atelier et à la vie d'artiste. Faisant un choix d'œuvres, Jagna Ciuchta réalise une exposition conçue spécialement pour ce lieu, s'appuyant sur le contexte de l'atelier et sur les attentes de l'institution quant à l'inscription de la résidence dans le territoire. Elle agit ainsi à plusieurs niveaux : elle tient compte des conditions de l'institution, relie des œuvres et construit une scénographie, cet "art de l'organisation de l'espace scénique" selon wikipédia. Jagna Ciuchta compose avec des volumes, des couleurs, des lumières et des textures, ces éléments qui passent habituellement inaperçus, neutralisés par la doxa du cube blanc qui fait de l'œuvre d'art une forme autonome, dissociée de sa vie antérieure comme de son auteur. Chez elle, les socles sont des sculptures pour d'autres œuvres, les murs sont des surfaces pour des compositions colorées, la luminosité donne une certaine ambiance... Tous ces éléments sont intimement liés aux œuvres exposées et manifestent quelque chose des relations de Jagna Ciuchta à leurs auteurs. Cette exposition est comme un jeu de construction dont la forme finale à l'équilibre précaire tiendrait par la grâce d'une harmonie colorée et sur quelques points de contacts.

Avec ce projet, Jagna Ciuchta poursuit un travail qui se nourrit de celui d'autres artistes et intègre leurs œuvres au sein de sa propre œuvre qui les contient toutes, les assimile, les englobe, les recouvre, les prolonge, s'en inspire, les documente et les reproduit, faisant de l'exposition une œuvre totale, le moment d'une digestion particulière, l'effet d'un processus d'intégration doux. Ces formes d'appropriation sont déclarées et consenties de part et d'autre et sont le fruit d'une relation de confiance réciproque. Aussi, Jagna Ciuchta prolonge avec cette résidence sa démarche qui puise son inspiration chez d'autres, dans un souci de brouiller les frontières et de refuser d'anciens réflexes qui délimitent les champs de la création entre amateur et professionnelle, entre générations, entre les parcours et réseaux professionnels. S'interrogeant sur ce qui fait la valeur d'une œuvre et les critères de son évaluation par un champ donné, dans une culture donnée, elle touche par là à la relation du centre d'art aux artistes vivant sur son territoire, une problématique particulièrement sensible pour un centre d'art, surtout lorsqu'il est, comme La Galerie, un équipement municipal et qu'il revendique une inscription locale forte.
Emilie Renard, directrice


Avant le vernissage

Deux heures, deux conférences
Samedi 12 mars février de 17h à 19h à La Galerie
- "Délégation et protocoles photographiques de l'art conceptuel"
par Guillaume Le Gall, maître de conférences en histoire de l'art à l'Université de Paris-Sorbonne :
"Douglas Huebler est un des premiers artistes à avoir utilisé la photographie au sein de systèmes définis comme conceptuels. Il est surtout celui qui dans ce mouvement en a fait un usage continu et protéiforme. D'un côté l'appareil photographique lui permet de décrire et de produire des fac-similés des objets du monde, de l'autre, il lui permet d'imaginer des dispositifs qui accompagnent ses énoncés. Néanmoins, malgré les apparences, ces protocoles laissent une large place à l'approximation."

- "Monet et l'expérience du paysage"
par Marianne Alphant, écrivain :
"Comment sortir du paysage ? Comment dépasser ce que Monet appelle une "malheureuse spécialité" ? La solution va se trouver pour lui dans un motif prélevé dans le paysage mais qui en diffère parce qu'indéfiniment répété. À la fin de l'été 1889, peu après une visite à Giverny de Berthe Morisot et de Mallarmé, le peintre s'arrête devant une meule ; il a trouvé son objet."
Location: Noisy-le-Sec
Noisy-le-Sec
93130 Noisy-le-Sec
M° RER E Noisy-le-Sec
France
Internet Site : www.noisylesec.net
Date: Saturday, March 12, 2016
Time: 19:30-21:30 CET

id : 75274


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