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Vernissage de Nina Childress & Patrick Tosani "Une Histoire du Flou"


19 avril - 28 mai 2016
Vernissage mardi 19 avril à partir de 18 heures

À l'occasion de la parution du livre de Michel Makarius, Une histoire du Flou. Aux frontières du visible (Paris, Editions du Félin, 2016), la galerie présente deux artistes, Nina Childress et Patrick Tosani, qui ont tous deux abordé le flou dans leur travail.

Nina Childress a peint une série de tableaux sous le titre générique « Bluriness » et concomitamment une série « Flounet » où le flou est obtenu par un décalage de formes peintes de façon nette. De ce trouble visuel « émergent paysages, objets et visages ... Tout est reconnaissable et pourtant nimbé d'irréalité. Et le regardeur de pénétrer dans un monde spectral qui lui est pourtant familier, un monde sans arêtes, sans éclat, un monde paisible et reposant, empreint de douceur et de silence, propice à la contemplation. Mais, comme on le sait, il faut prendre garde à la douceur des choses. Par ses effets visuels savamment calculés (chaque œuvre est conçue à partir d'une photographie également floue), sa peinture combine la rigueur du photoréalisme avec les recherches de l'art optique pour produire une image d'une inquiétante intimité qui laisse le regardeur à la fois apaisé et perplexe. Elle possède une forme d'aura tout à fait originale et personnelle qui puise sa force dans une esthétique de la dissemblance qui, selon Georges Didi Huberman, nous met devant l'image comme face à ce qui se dérobe », F. Treppoz

Dans la série des portraits de Patrick Tosani réalisés en 1985 et présentés ici, « des visages diffus, les traits gommés, sont projetés et photographiés sur des feuilles d'écriture braille. La photographie arase le léger relief qui indique au regard aveugle le nom du modèle qui se dérobe ainsi à la vue et au toucher. Double disparition dans laquelle se joue le pouvoir d'attraction de la présence fantôme.
Exister le temps d'un regard sans jamais se faire prendre, telle est la dure condition des spectres ! » (M. Makarius, p. 123)

« Notre approche de l'art par le biais du flou, dit Michel Makarius, a pour vocation de déposer une problématique strictement picturale pour mettre l'accent sur le statut de la représentation. Or la vision floue nous semble placée sur une ligne de crête : d'un côté elle avalise la représentation du visible ; d'un autre, elle décrète ce visible irreprésentable ou représentable seulement de manière approximative. État intermédiaire d'une réalité qui se donne et se dérobe à la fois, le flou est le lieu où s'exerce une critique de la représentation par les moyens même de la représentation. L'altération du lien visuel exprime ainsi un rapport problématique au monde. Cette faille qui ne cesse de grandir au sein de l'histoire de la peinture vise donc, au-delà du visible, le réel représenté. Telle est la fonction critique de l'art enfin retrouvée. »

Michel Makarius (1948-2009) a écrit plusieurs livres consacrés à la peinture (Chagall, 1987 et Vuillard, 1989 tous deux parus chez Hazan, et Ruines paru chez Flammarion, 2004) et à l'esthétique (Érotique esthétique, 2001, l'Harmattan).
Une présentation du livre aura lieu à la galerie Bernard Jordan le mardi 10 mai à 18h en présence d'Olivier Schefer, auteur de la préface et de Frédéric Valabrègue.
Location: Galerie Bernard Jordan
77, rue Charlot
75003 Paris
M° Filles du Calvaire, Temple, République
France
Phone : +33 (0)1 42 77 19 61
Mail : galerie.bernard.jordan@wanadoo.fr
Internet Site : www.galeriebernardjordan.com
Date: Tuesday, April 19, 2016
Time: 18:00-21:00 CEST

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