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Vernissage de l'exposition collective "¿Cómo te Voy a Olvidar?"


Curatrices : Anissa Touati & Peggy Leboeuf

10 juin - 30 juillet 2016
Vernissage vendredi 10 juin, 16-21h

¿ Cómo te voy a olvidar ? / Comment pourrais-je t'oublier ? reprend le titre d'une chanson d'un groupe phare de cumbia Los Angeles Azules dont la mélodie couvre nos deux années de recherche effrénée au Mexique. De nos visites d'ateliers d'artistes à Mexico, Oaxaca, Monterrey ou encore Guadalajara, du Michoacán, au Chiapas au Yucatán, en passant par les résidences, les institutions, les galeries... Ce titre nous a accompagnées chez les artistes, dans les transports et dans la rue: il est pour nous le refrain d'un Mexique intense et passionné.
¿Cómo te voy a olvidar? présente le travail de seize artistes de la nouvelle génération mexicaine : Gwladys Alonzo, Edgardo Aragón, Ana Bidart, Pia Camil, José León Cerrillo, Jose Dávila, Yann Gerstberger, Fritzia Irízar, Dr. Lakra, Gonzalo Lebrija, Jorge Méndez Blake, Ariel Orozco, Tania Pérez Córdova, Gabriel Rico, Martin Soto Climent et Tercerunquinto, succédant à Damián Ortega ou Gabriel Orozco.
Agés de 25 à 40 ans, ils ont tous pour point commun d'être liés ou connectés au Mexique, qu'il s'agisse de leur pays d'origine ou de leur terre d'adoption.
Le parcours de l'exposition se compose d'une soixantaine d'œuvres (installations, vidéos, peintures, photographies, céramiques, collages) et se déroule sur l'ensemble des espaces de la Galerie Perrotin, Paris, où chaque artiste est invité à occuper une salle pour faire librement part de son univers.

¿Cómo te voy a olvidar? réunit des œuvres élégantes et pleines de retenue ; pour beaucoup, de nouvelles productions, fonctionnant comme des microhistoires encapsulant récits et traditions orales, évitant toute violence visuelle politique et nécropolitique.
Les artistes questionnent tour à tour les notions de modernité, d'identité, de citoyenneté, de rituels : des messages codés sous forme de récits personnels, d'histoires interrompues, de fragments de dialogues. Ils font interagir intimité, contemplation et subversion. Certains réinterprètent les paysages socio-culturels via la littérature, l'architecture ou la fiction, tandis que d'autres reconsidèrent l'héritage du modernisme, ses idéologies ou encore les systèmes de langages graphiques.

L'exposition est construite comme une grande traversée qui débute dans les espaces de la rue de Turenne. À l'entrée, 6 dessins flous du collectif Tercerunquinto représentent un aigle dévorant un serpent sur un figuier de Barbarie, résultat d'une action où amis et collègues ont gommé les traits de l'emblème national. Plus loin, les céramiques de Pia Camil s'inspirent des panneaux publicitaires abandonnés à travers le Mexique. Pia Camil s'approprie les bandes de couleurs, des fragments d'une lettre ou un chiffre et transforme ces annonces en articles ménagers, mettant l'accent sur les dysfonctionnements de la société de consommation via un geste ludique mais aussi critique.

Jose Dávila propose une série de nouvelles sculptures et cutouts qui ont pour finalité de créer une appréciation fonctionnaliste de la physique afin de réfléchir la structure comme une composition artistique, et la géométrie comme ligne directrice et source de création.

José Léon Cerrillo poursuit avec une installation in-situ qui découpe l'espace par calques superposés mettant en perspective la construction de l'abstraction à travers l'utilisation du point de vue et de la perception. Chaque cadre fonctionne simultanément et séparément dans l'espace créant différents angles à parcourir.

Pour Tania Pérez Córdova, l'absence et l'immatérialité occupent le même espace que l'objet et complètent son sens. Raconter des histoires est crucial : chacune de ses pièces est couplée à une action reflétant différents comportements sociaux typiques, notamment l'utilisation de lentilles de contact comme moyen de différenciation.
Quant à Ana Bidart, elle s'intéresse aux objets qui ne sont pas nécessairement visibles : passeports, caisses vides, matériaux d'emballages, codes barres, numéros de suivi, détails d'expédition, rubans adhésif, et résidus de toutes sortes et les amène de leurs origines vers une nouvelle vie.

À l'étage, Fritzia Irízar propose une variation allégorique autour du bonnet phrygien afin de discuter de la création et de la disparition des symboles politiques universels dans l'imaginaire collectif. Elle suggère un débat sur la démocratie et la répétition constante de l'histoire.Dans toute culture populaire, au-delà des questions politiques, la fête tient une place importante. Martin Soto Climent a orienté ses recherches autour du besoin vital au Mexique de « hacer la Fiesta », rituel archaïque qui célèbre la vie et son auto-renouvellement. Il utilise le jean (Mezclilla en espagnol), le vêtement le plus répandu qui efface les frontières et les distinctions sociales.

Jorge Méndez Blake crée un nouvel espace socio-culturel à partir de l'œuvre de Georges Perec qui s'articule autour de l'analyse du quotidien, du recours à l'observation et à l'autobiographie ainsi qu'un goût pour les histoires. Il réexamine la façon dont nous construisons notre patrimoine culturel en créant de nouvelles connexions entre littérature et architecture.

À l'entrée de l'espace Saint-Claude, une sculpture et un dessin de Dr. Lakra sont visibles : pin-up détournée, carnaval grotesque érotico-kitsch, mêlant d'anciens rituels et des visions hallucinogènes avec un humour subversif sur l'articulation entre la vie, la mort et le désir.

Yann Gertsberger, Gwladys Alonzo, Gabriel Rico s'inspirent quant à eux de l'artisanat comme moyen de dépassement des codes du modernisme. Les installations de Gabriel Rico se composent de néons, branchages, tiges de laiton et d'animaux empaillés chinés sur les marchés et assemblés afin de questionner notre relation à la nature. La forme géométrique associée à une forme animale ou organique invite à une expérience spirituelle, un contact avec une réalité non discernable. Gwladys Alonzo utilise le carrelage qui habille les façades et les trottoirs de Guadalajara et qui fait l'identité de l'architecture de la ville ou glane les pierres peintes, balises des campagnes mexicaines. Yann Gerstberger colle des fibres de coton, des tissus industriels trouvés sur les marchés et s'inspire des motifs de la culture populaire mexicaine, de l'histoire de l'art et de la nature.

Le film « Exterminio » d'Edgardo Aragón baigne dans un calme trompeur et montre de beaux portraits paysagers de la côte Pacifique, mais à mesure que la vidéo se déroule, les détails s'accumulent comme autant de mises en garde renvoyant à un récit sombre. Son approche du paysage rappelle le « fûkeiron » ou la « théorie du paysage » où tous les paysages que l'on rencontre au quotidien, même ceux d'une beauté de carte postale, sont l'expression des structures du pouvoir en place.

L'installation de Gonzalo Lebrija est composée de 4 films en 16mm, présentant chacun un paysage magnifique avec une petite figure, l'artiste lui-même, qui entre dans le cadre du film, puis fuit la caméra aussi vite que possible suggérant une provocation, un écart qui ne peut être réparé, une invitation à le combler et à le suivre.

Cette sélection d'artistes formule des hypothèses sur la base de notre expérience et de nos rencontres avec les acteurs du monde de l'art au Mexique, perçu depuis plusieurs années comme une des nouvelles forces de l'art contemporain. ¿Cómo te voy a olvidar? tente de rendre compte de la complexité du pays, de ses influences, relatives à ses conquêtes et aussi à sa proximité avec les États-Unis et l'Amérique du sud : un carrefour multiculturel ouvert sur le monde.

Vernissage de l'exposition collective "¿Cómo te Voy a Olvidar?"
Location: Galerie Emmanuel Perrotin
76, rue de Turenne
10, Impasse Saint-Claude
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart
France
Phone : +33 (0)1 42 16 79 79
Fax : +33 (0)1 42 16 79 74
Mail : info-paris@galerieperrotin.com
Internet Site : www.galerieperrotin.com
Date: Friday, June 10, 2016
Time: 16:00-21:00 CEST

id : 77027


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