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Vernissage de Valérie Mréjen "Roots"


du 3 septembre au 23 octobre 2016
Vernissage le samedi 3 septembre de 15h à 21h

« Mon père prend toujours exemple sur les publicités pour nous proposer une image de la famille heureuse où les gens communiquent, rient et plaisantent en rentrant à la maison. Il voudrait qu'on lui demande ce qu'il a fait aujourd'hui, qu'on prépare un petit dîner, une jolie table et que chacun se serve en riant. »
Valérie Mréjen, Mon grand-père, 1999, ed. Allia


R comme roots

Pour sa première exposition personnelle à la galerie Anne-Sarah Bénichou, Valérie Mréjen poursuit son exploration du thème de la famille. Roots comme racines, racines imaginaires. Une famille de fiction faite d'arbres généalogiques composés à partir de noms de marques: Bonne Maman, Uncle Ben, etc. Une famille de fiction internationale.

Mystification affective, jeu sur l'image et sur le mot. Mystification du langage également, jeu sur le sens et son escamotage, usage des faux-semblants et des clichés. Autant de thèmes qui sont au cœur du travail de l'artiste et que l'on retrouve dans les nouvelles œuvres présentées, notamment une série de dessins qui associent des noms de produits pour former des lignées étrangement familières.

Roots: un mot qui peut évoquer l'absence de confort, des conditions spartiates ou une installation sommaire. Une forme de rudesse à l'exact opposé de l'image que ces mères, grand-mères, oncles et tantes inventés essayent de nous donner. Avec un aïeul composite, une figure de petite Mamie rassurante et universelle, elles font au mieux pour produire l'impression du comme à la maison, du comme dans votre enfance.
L'emploi de l'expression c'est roots permet de tirer une certaine fierté de ce dont on a l'air de se plaindre. Il s'agit de pointer un manque ou un défaut, que l'utilisation de l'anglais rend tout de suite plus sympathique, distancié. On dit c'est roots comme on dit c'est rock. Cette forme de dureté a l'air ainsi plus romantique. De même qu'on peut chercher à sauver sa famille en la présentant sous un meilleur jour tout en la critiquant de l'intérieur.
C'est aussi et avant tout un retour aux sources : le désir de produire une nouvelle série de dessins après quelques années consacrées à d'autres médiums et moyens d'expression.


Valérie Mréjen

Plasticienne, réalisatrice, écrivain, Valérie Mréjen multiplie les moyens d'expression pour mieux explorer les possibilités du langage. Ses vidéos sont souvent inspirées de souvenirs, d'événements quotidiens, de détails cruels et burlesques de l'existence, de lieux communs, de malentendus... Elle y mélange divers types de récits rapportés ou vécus qu'elle réécrit et réarrange, avant de les mettre en scène.
Les tentatives d'épuisement d'une conversation ordinaire par Valérie Mréjen sont nombreuses. Mais, par la neutralité picturale de ses images et par la pureté de ses dialogues, elle transforme des situations banales en métaphores existentielles à travers de simples formules d'usage.
Les personnages se côtoient sans se comprendre, profondément seuls face à l'autre, ils sont démunis car ignorés voire niés. Des situations vides et neutres, raconter un retour de vacances ou une soirée «sympa», bouleversent notre intimité par l'universalité partagée de ces dialogues convenus et désincarnés. Face à cette indicible violence, le regard que porte Valérie Mréjen sur autrui est doux, d'une douceur qui dévoile le potentiel comique de cette tragique vérité.
La naïveté des récits de vie et des échanges laisse ainsi place à une poésie du quotidien, à une esthétique de la répétition, où les être deviennent des héros innocents et touchants.

Valérie Mréjen a participé à de nombreuses expositions personnelles et collectives dont en 2014, la Triennal de artes, Sorocaba, à Sao Paulo, en 2012 Portraits de famille au Centre Pompidou, en 2008 La Place de la Concorde au Jeu de Paume, en 2007 Illuminations à la Tate Modern de Londres et Air de Paris au Musée National d'art moderne Centre Pompidou, Notre Histoire en 2006 au Palais de Tokyo.
Elle a été pensionnaire à la Villa Medicis à Rome en 2002-2003 et à la villa Kujoyama à Kyoto en 2010-2011.
Elle est née en 1969 à Paris. Elle vit et travaille à Paris.
www.valeriemrejen.com

Dans le cadre de l'exposition, Valérie Mréjen a invité Clara Schulmann à écrire un texte abordant le thème de la famille. Au fil des discussions, Clara Schulmann a évoqué La Maison biscornue d'Agatha Christie.

Il en résulte une interprétation, une libre variation autour des souvenirs et des histoires, des légendes qu'on se plaît à sur-dramatiser pendant l'enfance. Chocolat chaud, grand-mamans inquiétantes et arbres biscornus...

Ce texte sera édité et distribué à la galerie durant l'exposition.

Clara Schulmann enseigne l'histoire et la théorie de l'art à l'école supérieure d'art de Bordeaux. Elle est docteure en études cinématographiques. Elle a récemment contribué à: Cinéma Muséum. Le cinéma d'après le musée, Presses Universitaires de Vincennes (2013), Mike Kelley, Centre Georges Pompidou (2013), Joachim Koester: Of Spirits and Empty Spaces, SMAK (2014). Elle écrit sur des artistes femmes : « Rien n'est magique », exposition Marie Angeletti, castillo/corrales, Paris, 2014, « Squirrels to the nuts », in Zarba Lonsa, exposition Katinka Bock, Laboratoires d'Aubervilliers, 2015, « A Girl and a Tree. Time Flies like a Banana », in Next Spring, Wellington, 2016. En 2014, elle a publié aux Presses du réel : Les Chercheurs d'or. Films d'artistes, Histoires de l'art. En 2015, elle a édité : Jeux sérieux. Cinéma et art contemporain transforment l'essai, HEAD/Mamco, Genève.

Vernissage de Valérie Mréjen "Roots"
Location: Galerie Anne-Sarah Bénichou
45, rue Chapon
75003 Paris
M° Arts et Métiers, Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 44 93 91 48
Mail : galerie@annesarahbenichou.com
Internet Site : www.annesarahbenichou.com
Date: Saturday, September 3, 2016
Time: 15:00-21:00 CEST

id : 78145


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