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Vernissage de l'exposition "State of the Art"


16 mars 2017 - 29 avril 2017

avec Jordan Blady (USA), Niklas Binzberger (DE), Rachell Clark (AUS), Marco Franco Di Domenico (USA), Valentin Dommanget (FRA), Claude Eigan (FRA), Martha Glenn (USA), Max Grau (DE), Angelina Jesson & Jaron Hill (GB), Stephen Hiam (GB), Lucie McLaughlin (IRE), Justin Ryan Polisky (USA), Maya Rochat (CHE), Tracy-Jeanne Rosenthal (USA), Chloe Royer (FRA), Eleanor Strong (GB), Dennis Rudolph (DE), Andrew Wyatt (GB)

State of the Art : par son côté passe-partout, le nom déroute. Il s'agirait donc d'un état de fait, d'un état de l'art plus exactement, que l'on pose d'entrée de jeu comme étant connu et avéré. Mais que l'on ne s'y trompe pas. Faussement banale, furtive comme on le dit d'un bolide conçu pour pouvoir passer sous le radar, l'appellation cache une formation polycéphale.
State of the Art, c'est d'abord le nom du project-space monté à Berlin en 2014 par Dennis Rudolph, rassemblant une constellation de résidents en évolution constante. Dans cet espace au rez-de-chaussée du quartier de Schöneberg, accueillant actuellement deux artistes de Lily Robert, Valentin Dommanget et Maya Rochat, l'état de l'art est liquide voire gazeux, jamais solidifié. « Aujourd'hui, le monde de l'art s'est lui-aussi soumis à la logique néolibérale du projet », décrète ainsi Dennis Rudolph, pour qui le format classique de l'exposition ne parvient plus à refléter un monde vibrant au rythme épileptique de l'hyperprésent. Dans cette configuration, vaste réseau mondialisé qui connecte Berlin à Mexico, Paris à Los Angeles, l'artiste est sans cesse mobile. Délaissant la pratique d'atelier classique, celui-ci trace à la surface du globe des trajectoires reliant biennales, résidences et foires. En réponse à ces évolutions, State of the Art invite artistes, théoriciens, poètes et philosophes à venir présenter un projet, dialoguer et collaborer. Sans établir de distinction entre la présence physique et par écran interposé, l'accent est mis sur l'expérience de la durée et la synergie créative d'un point de chute autant que d'un lieu de vie.
Depuis peu, State of the Art assume également l'identité d'un artiste collectif - ou plutôt, d'un « artiste collective », pour reprendre la distinction établie par l'entité elle-même multiple Claire Fontaine. State of the Art ne désigne donc plus uniquement l'espace physique doté d'une programmation, ni même la reconduction hors les murs de cette entité. Au contraire, les artistes du project-space se regroupent sous ce nom afin de reprendre la main au curateur : ensemble, ils créeront une œuvre, mais une œuvre impossible à circonscrire, car fonctionnant ici aussi par invitations multiples et ponctuelles. Débordant de toutes part la triste qualité d'objet à laquelle certains sont parfois tentés de réduire l'œuvre d'art, State of the Art en fait voler en éclat la coquille spatio-temporelle. Sans auteur fixe, la nature processuelle de l'œuvre ainsi générée lorgne vers le time-based art, tandis que l'unité de lieu elle-même se dérobe sous nos pieds. Aux artistes présents via Skype répond l'élargissement du public invité à suivre l'expérience en live-stream, élargissant les dimensions de l'œuvre à l'espace ductile du web tout entier.
Entre les murs de Lily Robert à Paris, State of the Art viendra célébrer ses 1000 ans. Le 16 mars s'y tiendra un grand banquet célébratoire, où les convives prendront place parmi les œuvres de la quinzaine d'artistes actuellement associés aux activités du centre d'art. Maître de cérémonie et modérateur de la soirée, Dennis Rudolph programmera une série de réjouissances, dont échange Skype autour de la gentrification en art, une programmation musicale, une performance relatant l'atmosphère du pire endroit de la terre, des irruptions surprise qui ne sauraient être divulguées à l'avances, des vidéos, du chaos, de l'ivresse et des pas de danse. Et comme si le parasitage n'était pas encore assez total, comme si l'œuvre, l'auteur ou l'exposition risquaient de survivre à cette déconstruction en règle, le tout sera également retransmis en live sur Facebook. L'état de l'art sera télévisé ou ne sera pas.
- Ingrid Luquet-Gad
Location: Lily Robert
3, rue des Haudriettes
75003 Paris
M° Rambuteau
France
Phone : +33 (0)1 43 70 03 01
Mail : lily@lilyrobert.com
Internet Site : www.lilyrobert.com
Date: Thursday, March 16, 2017
Time: 18:00-22:00 CET

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