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Vernissage de Tim Plamper "Zone"


09 septembre - 07 octobre 2017
Vernissage samedi 9 septembre 2017 de 18h à 21h

Le titre de la seconde exposition personnelle à la Galerie Suzanne Tarasieve de l'artiste allemand Tim Plamper évoque la zone interdite qui apparaît dans le film Stalker (1979) d'Andrej Tarkovsky. Il s'agit d'un lieu mi-physique, mi mental, où le temps n'est pas linéaire et où le réel et le rêve se pénètrent, un lieu de rencontres surréelles qui sont aussi belles et fortuites que celle, sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie. Mais la zone est aussi celle des dessins de Plamper lui-même, des œuvres faites d'association improbables, à la manière des surréalistes. Opérant des superpositions et rapprochements inattendus, l'artiste crée des espaces de rencontre entre formes, objets, êtres et lieux. Suivant des règles d'organisation visuelle précises, chaque pièce matérialise une image mentale et réunit des êtres d'origines diverses et dispersés dans le temps et l'espace. Plamper réussit à combiner des éléments aussi épars qu'un escalier en colimaçon renversé, deux femmes nues, quatre pélicans, un tronc d'arbre, quelques paysages et beaucoup de galets de façon à créer des ensembles structurés et probants, sans que l'on sache bien dire pourquoi. Affinités électives, logique de l'inconscient, relations secrètes entre les objets qu'il dépeint ou virtuosité formelle de l'assemblage ? Plamper crée des transpositions dessinées d'une façon de voir comme on rêve, c'est-à-dire par associations.

Numériques, les collages de l'artiste peuvent réunir plus de 15 sources visuelles différentes. L'œuvre finale est alors le résultat d'un processus en deux étapes : agencement digital d'éléments à partir d'une archive très personnelle en constante évolution, puis travail de dessin. Avant de se décider à prendre le crayon pour mettre une composition sur le papier, l'artiste passe parfois plusieurs années à l'affiner. Et même si le degré de réalisme qu'il atteint lorsqu'il transforme un collage numérique en œuvre sur papier force le respect, la mise en dessin n'a rien d'une copie servile ou d'un simple exploit technique. Chaque œuvre manifeste des envies de dessin particulières. Par conséquent, les zones ne sont jamais traitées à l'identique et ce que l'on voit de près diffère fondamentalement de ce que l'on aperçoit de loin. Travaillant tantôt la hachure au crayon dur, tantôt l'estompage au pinceau et même le griffonnage et le grattage, Plamper s'éloigne sciemment du photo-réalisme. Par endroits, Plamper sculpte véritablement la matière sur le papier et de subtiles différences de profondeur se font jour. Implicitement, il remet ainsi en question l'idée que, physiquement, un dessin n'est pas moins plat qu'une photographie et souligne son rapport émancipé au médium photographique. Au-delà de la contemplation esthétique, l'œuvre de Plamper invite ainsi le spectateur à une réflexion sur les rapports inouïs entre les choses, les spécificités des médiums, et le pouvoir qu'a encore le devenir physique de l'image mentale à l'ère du numérique.

Klaus Speidel, critique d'art et philosophe

Vernissage de Tim Plamper "Zone"
Tim Plamper, Dissociation 005, 2017, crayon sur papier / pencil on paper, 196 x 264 cm
Location: Galerie Suzanne Tarasiève
7, rue Pastourelle
75003 Paris
M° Filles du Calvaire, Saint-Sébastien - Froissart, Arts et Métiers
France
Phone : +33 (0)1 42 71 76 54
Mobile : +33 (0)6 11 01 16 79
Mail : info@suzanne-tarasieve.com
Internet Site : www.suzanne-tarasieve.com
Date: Saturday, September 9, 2017
Time: 18:00-21:00 CEST

id : 86604


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