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Vernissage d'Arthur Dreyfus


Arthur Dreyfus
"Nous sommes peut-être passés à côté d'une belle histoire"

Vernissage samedi 11 novembre 2017, à partir de 17h
Exposition présentée du 11 novembre 2017 au 20 janvier 2018, prolongation jusqu'au 10 février 2018

Extrait d'un entretien avec Arthur Dreyfus
Propos libres de droit recueillis par William Miglore

On vous connaît d'abord comme écrivain...
"C'est vrai, mais j'ai toujours écrit avec des images dans la tête. Quand on me demande « quels auteurs » m'ont inspiré, je réponds que certaines œuvres musicales ou visuelles m'ont davantage inspiré que des livres. Si je ferme les yeux, je pense autant à un chapitre du Grand Cahier d'Agota Kristof qu'à un poème de Maurice Scève, autant à Arcangelo Corelli qu'à une photo de Bernard Faucon ou de Nan Goldin."

Comment est né votre travail photographique ?
"L'idée de la trace m'obsède depuis longtemps. Enfant, avec des caméscopes, des Kodak jetables, j'ai beaucoup photographié et lmé mes parents, mes grands-parents. Le cadre m'est apparu comme une chose naturelle : tracer quatre bords dans la réalité revenait à s'inventer une liberté. À vingt ans, un ami m'a offert un vieil argentique, que j'ai emporté partout. J'ai entrepris de cerner mes obsessions - tout en les limitant, à cause de la pellicule. Ensuite, comme chez nombre d'individus de ma génération, l'apparition des smartphones a changé mon rapport à l'image. Il devenait possible, à chaque seconde, de saisir quelque chose."

C'est ce que vous avez fait ?
"Oui et non. Cette omnipotence m'a laissé songeur : ne signait-elle pas la n de la photographie en tant que telle ? Qu'allait-il advenir des images élues, dans un monde d'images in nies ? Dès le départ, je me suis fixé comme règle de ne pas poster sur Internet les photographies qui comptaient. Née sur un écran, diffusée sur un écran, l'image se dévalorise. Toutefois la photo numérique a eu une autre conséquence : le déploiement de l'intime. Un téléphone est un objet tellement banal, tellement usuel, qu'il passe inaperçu - surtout chez des jeunes. Un matin, j'ai commencé à photographier les corps sous les draps, les visages de très près, les minuscules détails de l'amour ; toujours avec une pointe de mise en scène..."

Et c'est cela que vous exposez ?
"Non - du moins pas seulement. Il ne suffit pas à une photo d'être « jolie » pour pouvoir justifier une exposition, ni pour faire de son auteur un photographe. Justement peut-être parce que ce medium est devenu si facile qu'il est accessible à tous. Pendant des années, je ne me sentais pas prêt. J'ai attendu qu'une idée s'impose. Un dispositif, une chose qui m'appartienne ; et qui alors, serait capable de conduire l'ensemble, d'ouvrir le rideau du spectacle."

Né en 1986, Arthur Dreyfus est écrivain, journaliste et réalisateur.
Ses livres ont été traduits en anglais, en italien, en allemand ou en coréen. Lauréat du prix Orange pour Belle Famille et de la bourse Mottart de l'Académie française pour Histoire de ma sexualité, il a publié en janvier 2017 son quatrième roman aux éditions Gallimard : Sans Véronique _ et en octobre de la même année, un récit de voyage sur la Corée du Sud : Je ne sais rien de la Corée.
L'auteur intervient régulièrement dans la presse (Le Monde, Libération, L'Obs) sur la question des mœurs, de la parole publique ou de la sexualité. Chez Grasset, il livrait en 2016 un essai sur l'écriture de l'intime, Correspondance indiscrète, en duo avec Dominique Fernandez.
Traitant de cinéma, de peinture, de musique et d'art contemporain pour les magazines Vogue ou Holiday, il a présenté pendant plusieurs années des émissions sur France Inter et France Culture. Côté caméra, il est le réalisateur de «Contes d'acteurs», une série de documentaires expérimentaux diffusée sur Ciné+, avec Arielle Dombasle, Jean-Christophe Bouvet ou Françoise Fabian.
Nourri par les œuvres de Nan Goldin, de Bernard Faucon, ou de Hervé Guibert, la photographie occupe depuis toujours une place prépondérante dans son parcours créatif.
«Nous sommes peut-être passés à côté d'une belle histoire...» est sa première exposition personnelle. Toutes les photographies qui y figurent ont été réalisées sur iPhone.


Hier je ne te connaissais pas
Tu jouais aux voitures
Je chassais les pyrales
Sous l'oeil de nos mères
Ces plaisirs suffisaient

Aujourd'hui tu me donnes
Ton passé en héritage
Mais si petit, était-ce déjà toi ?
Celui que j'aime, était-il déjà là ?

J'invente dans ta poche un miroir
Pour savoir
Quand commence le trop tard
Où commence le regard

Puis une phrase
Résonne tout le soir
Nous sommes peut-être passés à côté d'une belle histoire...

Arthur Dreyfus

Vernissage d'Arthur Dreyfus "Nous sommes peut-être passés à côté d'une belle histoire"
Location: Galerie Patrick Gutknecht
78, rue de Turenne
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart
France
Phone : +33 (0)1 43 70 56 18
Mail : paris@gutknecht-gallery.com
Internet Site : www.gutknecht-gallery.com
Date: Saturday, November 11, 2017
Time: 17:00-21:00 CET

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