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Rencontre autour de l'exposition "Irving Penn, A Flavour of France"


Rencontre exceptionnelle autour de l'exposition 'Irving Penn, A Flavour of France' entre:
- Laurie Hurwitz, commissaire d'exposition à la Maison Européenne de la Photographie
- Clémentine Mercier, journaliste spécialisée en photographie à Libération
- Christoph Wiesner, Directeur artistique de Paris Photo

L'exposition se concentre sur trois séries majeures de l'artiste : les Nus, les Petits Métiers et les Portraits d'artistes. Réalisées entre 1947 et 1950, chacune explore à sa façon la relation étroite qu'Irving Penn a entretenu avec la France au cours sa vie, tant par ses visites fréquentes que par leur souvenir idéalisé.


dans le cadre de l'exposition "Irving Penn - The Flavour of France"

19 octobre 2017 - 6 janvier 2018
Vernissage : Jeudi 19 October 2017, 18-20h

La Galerie Thaddaeus Ropac a l'honneur d'annoncer The Flavour of France, sa première exposition consacrée au photographe américain Irving Penn (1917-2009) du 19 octobre 2017 au 6 janvier 2018 à Paris. Intitulée d'après un essai photographique publié par Irving Penn en 1960, dans lequel celui-ci célèbre ce qu'André Gide appelait « l'horreur de l'à-peu-près » indissociable du charme français, l'exposition se concentre sur trois séries majeures de l'artiste : les Nus, les Petits Métiers et les Portraits d'artistes. Réalisées entre 1947 et 1950, chacune explore à sa façon la relation étroite qu'Irving Penn a entretenu avec la France au cours sa vie, tant par ses visites fréquentes que par leur souvenir idéalisé. L'exposition coïncide avec la célébration du centenaire de l'artiste et la rétrospective organisée à cette occasion par les Galeries Nationales du Grand Palais du 21 septembre 2017 au 29 janvier 2018, à l'initiative du Metropolitan Museum of Art de New York.

Depuis septembre 2017, la Galerie Thaddaeus Ropac représente la Irving Penn Foundation in France en collaboration avec Pace/MacGill Gallery, New York.

Portraits, Paris-New York, 1947-50

Irving Penn a acquis une renommée internationale grâce à la composition élégante et à la profondeur psychologique de ses portraits. Réalisées à la demande d'Alexander Liberman, directeur artistique de Vogue et mentor de Penn, les œuvres frappent par leur simplicité graphique et leur impact visuel, des qualités essentielles à l'impression sur papier glacé. Les portraits de Penn sont le résultat de séances exigeantes, au cours desquelles le photographe essaie de « trouver des moyens de fendre la carapace de ses modèles et les incite à baisser leur garde », comme le commente Maria Morris Hambourg, commissaire de l'exposition du centenaire au Metropolitan Museum de New York.

Afin de mieux révéler la personnalité de ses modèles et d'éviter une lecture trop narrative de leur pose, Penn accompagne cette méthode pseudo-psychanalytique de l'utilisation d'un arrière-plan dépouillé.

Le manque de contexte perturbe la notion d'échelle et met l'accent sur ce que révèle le langage corporel du modèle, mais également sur ce qu'il cache, qu'il s'agisse de la présence caverneuse du Père Couturier ou de la mystérieuse silhouette de Marlene Dietrich.

En 1947 Irving Penn commença à photographier des portraits dans un angle étroit formé à partir de deux panneaux. Selon ses propres mots : « il en résulta une série de photographies très intéressantes. Contre toute attente, la sensation de confinement semblait les mettre à l'aise, les apaiser. Les murs devenaient des surfaces sur lesquelles s'appuyer ou se redresser. » Certains, comme Marcel Duchamp, tournaient le dispositif à leur avantage, d'autres s'en tenaient aux instructions.

Penn développa ce style anti-narratif jusqu'à la fin de sa vie, toujours à la recherche d'un style pondéré et résolu habituellement dédié à la peinture.

Vernissage de l'exposition "Irving Penn - The Flavour of France"
Marcel Duchamp, New York, 1948

Nus, New York, 1950

En parallèle de son travail pour Vogue dans les années 1940, Penn initie le projet personnel de photographier le corps féminin d'une manière inédite. Cela allait devenir, selon ses propres mots, l'expérience artistique majeure de sa vie. Dégagé des exigences commerciales, il commence une série de nus dans son studio privé situé au 480 Lexington Avenue. Des heures durant, Penn scrute les moindres changements de pose à travers la fenêtre de son Rolleiflex.

Penn commence par photographier des modèles minces dans des poses contorsionnées, puis, s'écartant des canons de la mode, il se met à photographier les femmes aux formes rondes que l'on retrouve dans la plupart des tirages originaux.

Comme l'affirme Maria Morris Hambourg : « La charge érotique de ces clichés est très élevée, mais, comme lors des séances elle-mêmes, celle-ci est contenue dans une distance esthétique. Son musée imaginaire était plutôt rempli des contours et surfaces veloutés des nus d'Arp, de Brancusi, de Maillol, de Moore, de Picasso et de Matisse qui fleurissaient dans les magazines artistiques européens des années 1930. »

La qualité sculpturale du travail de Penn, où le corps apparaît souvent tronqué, déformé et presque abstrait, est renforcée par l'attention portée à la tactilité de l'image elle-même. Pour le tirage de ses Nus, Penn utilise un procédé expérimental afin de créer ces images éthérées où les détails s'estompent et les courbes s'aplanissent en des plans abstraits d'ombre et de lumière.

Aujourd'hui considérée comme un aspect essentiel de son travail artistique, cette série est demeurée en grande partie inédite avant de faire pour la première fois l'objet d'une exposition à la Malborough Gallery de New York en 1980.

Vernissage de l'exposition "Irving Penn - The Flavour of France"
Nude No. 62, New York, 1949-1950 ca.

Petits Métiers, Paris, 1950

À la fin du mois de juillet 1950, Irving Penn revient à Paris photographier les collections de haute-couture pour Vogue avec l'idée de débuter une nouvelle série autour des petits métiers. Influencé autant par les portraits réalisés par Eugène Atget au début du siècle que par l'œuvre engagée de Walker Evans, il développe sa propre vision. Choisissant d'isoler le sujet dans un studio loué par Vogue rue de Vaugirard, il s'éloigne du décor vernaculaire de la rue.

En 1991, il se remémorerait : « un flot constant de travailleurs, de vendeurs de rue, de marginaux grimpaient les six étages jusqu'au studio où ils prenaient la pose entre une séance de mode et un portrait d'une célébrité. »

Les travailleurs posent devant l'objectif avec leurs outils dans l'espace neutre du studio qui procure un semblant d'éternité à leur portrait. Dans Moments Preserved (1960), Penn confie « comme tous ceux qui se sont intéressés à l'aspect des travailleurs, j'étais motivé par le fait que ce qui distingue un individu et la fierté qu'il tire de son activité semblaient en déclin. » Il poursuivit ensuite cette série à Londres et à New York jusqu'à établir progressivement une sorte de typologie. Celle-ci finit par constituer son corpus le plus important.

Devenue l'un des jalons majeurs de la photographie moderne, cette série peut être considérée comme un manifeste de la méthode photographique de Penn. Comme il l'a lui-même affirmé au cours d'un séminaire organisé par Edward Steichen au MoMA en 1950 : « Le photographe moderne apporte la même attention et le même soin à son sujet, qu'il s'agisse d'une reine, d'une chaise, d'un mannequin, d'un soldat, d'un cheval. Il trouve toujours quelque chose de lui dans son sujet, et inversement. »

Vernissage de l'exposition "Irving Penn - The Flavour of France"
Les bouchers

A propos d'Irving Penn

Né en 1917 à Plainflied dans le New Jersey dans une famille russe d'origine juive, Irving Penn étudie à la Philadelphia Museum School of Industrials Arts de 1934 à 1938 où il suit l'enseignement d'Alexey Brodovitch dans son Design Laboratory.

Le travail de Penn a d'abord été publié dans les pages de Vogue, ce qui lui a permis d'être reproduit et largement diffuse. En 1943, le nouveau directeur artistique de Vogue, Alexander Liberman, engage Penn pour préparer la maquette du magazine et suggérer des idées pour les couvertures. Liberman, également un russe immigré, se penche sur les planches contact réalisées par Penn au cours de ses derniers voyages, et reconnaît là "un esprit, un regard qui savait ce qu'il voulait voir".

Après la seconde Guerre Mondiale, alors que Penn se forge une réputation pour ses natures mortes et ses portraits au style saisissant, Liberman l'envoie autour du monde pour effectuer des séries de mode et des portraits. Ces expériences formatrices confirment la préférence de Penn pour la photographie dans l'environnement contrôlé du studio où il écarte tout ce qui n'est pas essentiel à ses compositions et peut se concentrer uniquement sur son modèle. De 1964 et 1971 Penn voyage de plus en plus pour le compte de Vogue, au Japon, en Crète, en Espagne, au Dahomey, au Népal, au Cameroun, en Nouvelle-Guinée et au Maroc. Penn est de plus en plus libre de porter son intention sur ce qui l'intéresse vraiment: réaliser des portraits de gens en lumière naturelle.

Au début des années 1970, Penn quitte son studio de Manhattan pour s'immerger dans le laboratoire qu'il a construit dans la ferme familiale de Long Island afin de réaliser des tirages platine. Cette expérience le conduit à concevoir trois de ses séries les plus emblématiques: Cigarettes, 1972 (présentée au MoMA en 1975), Street Material (1975-76, exposée au Metropolitan en 1977), Archeology (1979-80, montrée à la Malborough Gallery en 1982). Tout comme sa série précédente des Nus, ces travaux tranchent radicalement avec les usages prédominants de la photographie.

En 1984, une rétrospective organisée par John Starkowski lui est consacrée au Museum of Modern Art, celle ci est reprise dans le monde entier jusqu'en 1989. Après sa rétrospective, Penn se remet à peindre et à dessiner tout en incluant le tirage platine dans sa pratique.

Les dernières décennies de sa vie témoignent d'une créativité sans précédent. Déterminé à décider de l'œuvre qu'il laisserait derrière lui, il entreprend de structurer et de sélectionner ses archives avec soin. En 2009, Penn décède à New York à l'âge de 92 ans, après avoir établi de son vivant la Irving Penn Foundation.

Irving Penn est considéré aujourd'hui comme l'un des plus grands photographes du XXe siècle, tant pour l'impact de ses images que pour sa maîtrise du tirage photographique. A l'époque où la photographie était d'abord conçue comme un moyen de communication, il considéra le médium avec un œil d'artiste et repoussa les limites de son potentiel créatif tant dans son travail personnel que professionnel.
Location: Galerie Thaddaeus Ropac
7, rue Debelleyme
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Filles du Calvaire
France
Phone : +33 (0)1 42 72 99 00
Fax : +33 (0)1 42 72 61 66
Mail : galerie@ropac.net
Internet Site : www.ropac.net
Date: Saturday, December 16, 2017
Time: 17:00-18:00 CET

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