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Performances de Jean-François Guillon


Performances de Jean-François Guillon :
"Tout dire du rien"
"En cas d'absence"

La galerie Laure Roynette présente le samedi 7 avril 2018 à 16h, deux performances de Jean-François Guillon, dans le cadre de l'exposition Wormholes #1, curatée par Clément Thibault et Mathieu Weiler.

« Tout dire du rien »
Dans cette performance silencieuse, de la série des P.C.M. (Performances à Choix Multiples), quelques mots simples sont distribués de manière aléatoire dans l'espace, formant un texte mouvant, à la manière d'un poème qui se constitue « in progress » sous nos yeux. En écho aux temporalités parallèles de l'hypothèse quantique des « wormholes », la performance se propose de déployer plusieurs textes possibles contenus dans un même objet.

« En cas d'absence »
En installant, déplaçant et rapprochant dans l'espace différents objets et mots, l'artiste propose des rapports de sens et de formes, autour des notions de temps et d'espace. En référence aux paradoxes logiques rencontrés parfois dans la physique quantique, il se joue avec humour de la figure du paradoxe et de l'absurdité de certaines formulations langagières.

Après des études aux Beaux-arts de Paris, Jean-François Guillon a développé un travail de sculpture traitant de l' « en-deça » de l'écriture dans les années 90. A travers une approche drolatique de la question du sens, il développe par la suite une pratique de dé-construction du signe, se situant à mi-chemin entre poétique et signalétique. Sculptures, installations, photographies, dessins, performances, chacune de ses productions envisage de façon sensible l'espace du texte et des idées. Le texte écrit a fait irruption dans son travail depuis les années 2000 : les mots y sont souvent articulés dans des poèmes visuels aléatoires, ou des dispositifs aux formes élémentaires conçus pour des interventions en milieu urbain, des expositions ou des performances.
Il a créé avec Pierre Ardouvin et Véronique Boudier le lieu d'exposition « A l'écart » en 1994 à Montreuil, puis, a dirigé avec Jean-François Courtilat la galerie Ipso Facto à Nantes de 1997 à 2005. Il a également conçu en tant que commissaire plusieurs expositions comme « Bancale » au POCTB à Orléans en 2008, ou « Obsédés textuels » à la galerie RDV à Nantes en 2012.
Plus récemment, son travail a été montré à la galerie Contexts (Belleville), au centre d'art Le 19 à Montbéliard, et au Musée des Arts Décoratifs, où il a scénographié l'exposition de jouets « Parade ». Enfin, il prend en charge la conception visuelle des spectacles du comédien et metteur en scène Didier Galas, avec qui il a fondé le collectif « Les Hauts Parleurs ». Leur prochain spectacle, « Ahmed revient », sur un texte d'Alain Badiou sera créé cet été au festival d'Avignon.

"A la surface de la pratique de l'artiste, on croit percevoir l'idéal d'un monde intelligible, d'un monde qui nous parlerait et que l'on pourrait lire. Des mots, des signes du quotidien peuplent ses photographies, qu'il s'agisse de signes, d'éléments de signalétique, de pancartes... Autant d'objets et de messages qui, au quotidien, nous aident à nous diriger, à comprendre notre environnement. Mais ce que l'on ressent à mieux y regarder - et à moins y comprendre - est que nous passons bien « à travers des forêts de symboles », à travers des bruissements, ceux de la ville et du monde. Les mots, les signes, les symboles ne sont pas transparents, ils ne désignent pas quelque chose qui passerait à travers eux. Au contraire possèdent-ils une matérialité, cachent-ils autant qu'ils montrent, et révèlent ainsi leur nature de signes, jusqu'à parfois ne plus rien désigner d'autre qu'eux-mêmes. Le travail de Jean-François Guillon se situe ainsi à la lisière du langage, là où la répétition, les bugs, les malentendus sont rois. (...)"

Julien Zerbone, Au commencement étalt le verbe.

Performances de Jean-François Guillon




dans le cadre de l'exposition "Wormholes #1"

La galerie Laure Roynette est heureuse de présenter du 15 mars au 21 avril 2018 le group show « Wormholes #1 » curaté par Clément Thibault et Mathieu Weiler avec la participation de Léo Dorfner, Hughes Dubois, Hippolyte Hentgen, Laurent Grasso, Emmanuel Régent, Tim Stokes, Nicolas Tourte, Mathieu Weiler et un capsule Show de Brankica Zilovic.

Wormholes est une double-exposition, dont la première occurrence se tiendra à la galerie Laure Roynette (Paris), la seconde à la Ruche (Paris), pensée comme une expérience sur le temps et l'espace.
Laure Roynette, Clément Thibault et Mathieu Weiler remercient l'ensemble des artistes et les galeries Perrotin, Sémiose et Smulders d'avoir accompagné ce beau projet.


Un wormhole (trou de ver), en physique, est un objet hypothétique qui relierait deux feuillets ou deux régions distinctes de l'espace-temps, comme une sorte de raccourci. Le physicien autrichien Ludwig Flamm (1885-1964) serait le premier à avoir suggéré, dès 1916, leur existence, mais la communauté scientifique s'accorde à en donner la paternité en 1935 à Albert Einstein et Nathan Rosen. Leur théorie précisait que l'on peut fabriquer n'importe quel type de géométrie spatio-temporelle, statique ou dynamique.

Le wormhole n'est qu'un objet mathématique théorique ; avec les connaissances et les outils actuels, il est impossible de confronter la théorie au réel, de l'expérimenter. L'idée, proche de celle de trou noir, a tout de même infusé la société, de la science à la pop culture. Dans la pratique artistique, on peut l'étendre à ceux qui mêlent consciemment, de manière tangible ou symbolique, différents espaces-temps dans leur œuvre, comme un raccourci liant deux espaces-temps distincts de l'art - ou plutôt des représentations humaines.

Certes, les traditions, les inspirations et les jeux de références ont tissé des liens subtils dans l'histoire des formes et les artistes se sont emparés depuis longtemps de la question du temps. Très tôt, certains ont multiplié les temporalités dans leurs tableaux pour construire des narrations ; d'autres ont considéré la dialectique de l'histoire, ont entrepris de rendre perceptible la durée, ont réhabilité des techniques anciennes, etc. Bref, ils ont trouvé des solutions pour évoquer le temps dans un espace en deux dimensions (la toile), l'histoire (l'idéologisation du temps), ou la durée (sa perception). Mais la volonté de mêler différents espaces-temps est récente ; elle se formalise par des jeux de superposition ou de métissage, des assemblages, des collages d'objets portant la charge symbolique d'un temps révolu ou d'un ailleurs, etc. Des wormholes.

Plastiquement, ce geste a deux grands-parents, le collage ou l'assemblage d'Hannäh Hoch (en tant que sélection et recomposition de contenus culturels préexistants, recontextualisés), et le ready-made de Duchamp (qui a amené les artistes à s'interroger plus profondément sur la symbolique propre aux objets qu'ils emploient). Mais s'il est si récent, c'est qu'il a trouvé son origine dans un contexte favorable. Tant, qu'il porte une réelle signification sur notre appartenance au monde, telle qu'elle se définit au début du XXIe siècle.

Plusieurs phénomènes ont permis son émergence. D'abord, un monde porté par le numérique et la mondialisation, où tout est proche, même ce qui est loin, à la fois dans l'espace et le temps. C'est aussi un monde occidental qui a glissé d'un régime de « vérité » à un régime de « relativité » et plus encore de « relation ». Du post-modernisme de Jean-François Lyotard à la « créolisation du monde » d'Édouard Glissant en passant par la French Theory, plus de vérité, que de la relation ; plus de racines, des rhizomes.

Ce glissement est d'ailleurs particulièrement perceptible dans l'institution qu'est le musée. Né au XIXe siècle, du fait des nationalismes et de la nécessité d'affirmer des identités, d'écrire des romans nationaux et de construire des certitudes immuables, le musée a progressivement glissé vers une certaine forme de relativisme culturel. Aujourd'hui, il y est admis qu'aucune culture ne surpasse une autre, donc que naissent des correspondances intéressantes en créant un dialogue adéquat et respectueux entre elles. Mêler les temps et les espaces, donc les cultures, n'a d'intérêt que dans un monde de relations. D'ailleurs, en les confrontant, les styles gagnent en radicalité, parce que mêler les espaces-temps, c'est aussi rendre plus prégnante la relativité des regards.

Clément Thibault


Wormhole.s #1 / temps /
Léo Dorfner, Hughes Dubois, Hippolyte Hentgen, Laurent Grasso, Emmanuel Régent, Tim Stokes, Nicolas Tourte, Mathieu Weiler.
On peut créditer Aby Warburg d'être le premier à développer une pensée « en tunnel », dans la première moitié du XXe siècle, notamment avec l'Atlas Mnémosyne où il décelait dans la Renaissance les survivances des formes du pathos issues de l'Antiquité. Un projet de cartographie mémorielle. Ces rapprochements sont devenus courants chez les artistes, qui emploient les images d'un ailleurs pour leur portée symbolique. Celles et ceux exposés pendant Wormhole.s créent des images d'images. Ils réalisent des jeux de superposition ou de métissage, des assemblages, collages ou empreintes. Ces rapprochements entre symboles d'un ailleurs, d'un temps révolu ou futur, le plus souvent sont opérés pour éclairer le présent. L'image est intrinsèquement liée au temps, et celles de ces artistes relatent le notre à partir d'autres. Sans prendre de risque, on peut présumer que ce geste relativement récent a été porté par la mondialisation des échanges, la multiplication des images et leur plus grande diffusion. Ces images d'images sont les témoins d'un devenir du monde, où l'identité devient liquide et plurielle, où l'histoire se fait rhizome plutôt que racine, où les hiérarchies (culturelles, de genre...) s'abolissent.

Wormhole.s #2 / temps et espaces /
Jean-Marc Cérino, Hughes Dubois, Léo Dorfner, Hippolyte Hentgen, Laurent Grasso, Fabien Leaustic, Caroline Le Méhauté, Emmanuel Régent, Mathieu Weiler, Aby Warburg, Brancica Zilovic.
Wormhole.s #2 poursuit cette investigation sur le temps et notre présent à la lumière d'un passé recomposé ou d'un futur prémonitoire. Elle approfondit surtout l'aspect spatial du wormhole. Les artistes exposés représentent, c'est-à-dire rendent présent, le cosmos et des espaces utopiques ou inexistants, hors du temps. Ainsi, Wormhole.s #2 s'ouvre à une relativité d'autant plus grande, celle de la place de notre histoire, de notre présent et du temps lui-même, bref la place de l'humain dans la réalité, et son mystère. Un mystère aussi grand qu'un passage à travers un trou de ver. »

Clément Thibault
co-commissaire d'exposition, février 2018

Vernissage de l'exposition "Wormholes #1"
Location: Galerie Laure Roynette
20, rue de Thorigny
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart
France
Phone : +33 (0)1 42 71 06 35
Mobile : +33 (0)6 08 63 54 41
Mail : contact@laureroynette.com
Internet Site : www.galerie-art-paris-roynette.com
Date: Saturday, April 7, 2018
Time: 16:00-19:00 CEST

id : 93378


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