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Visite de l'exposition de Gilles Caron "Chorégraphie de la révolte"


EXPOSITION 24 mai > 13 juillet 2018
Mardi - Samedi 14h - 19h et sur RDV

Cette exposition à la galerie fait écho à la première exposition majeure consacrée à Gilles Caron par la Ville de Paris, à l'occasion du cinquantenaire de MAI 68.

« Chorégraphie de la révolte »

Paris, Londonderry, Prague : entre 1968 et 1969, Gilles Caron consacre nombre de reportages à des situations inédites dans l'Europe des Sixties. Les révoltes opposent frontalement populations et forces armées dans des combats où sont en jeux des puissances coloniales (l'Angleterre en Irlande du Nord), des armées d'occupations (l'URSS en Tchécoslovaquie) ou bien des forces de l'ordre (en France). Ce sont à chaque fois des manifestations qui dégénèrent et une forme de lutte qui s'invente : la guérilla urbaine, bien différente des classiques champs de bataille que Caron a pu couvrir jusqu'alors (Israël, le Vietnam, le Biafra). Sur le théâtre quotidien des villes, la violence explose dans un rapport asymétrique : d'un côté des manifestants sommairement armés de pierre ou de cocktails Molotov, de l'autre des militaires parfois lourdement équipés.

Comment documenter et fournir des images emblématiques de telles révoltes où le déséquilibre des forces n'a d'égal que l'héroïsme des manifestants ?

Dès 1967, dans la Bretagne française où les paysans se soulèvent contre les règlements européens, Caron avait identifié la figure du lanceur de pierre comme celle qui peut contenir la puissance symbolique de la révolte. Ce sont des centaines de vues qu'il réalise les années suivantes pour parvenir à traiter le lanceur comme la synthèse de l'instantanéité et du schéma visuel. Véritable hiéroglyphe documentaire, le lanceur devient pour Caron une figure exprimant toutes les variations de la révolte : torse nu, en blazer ou en pull-over, emporté dans son élan ou rivé au sol en catapulte, le lanceur devient danseur. L'être singulier se fait silhouette universelle.

Esthétique est l'enjeu de la réalisation de telles images. Politique est le sens de cette gestuelle inséparable de ce qui la motive. Caron l'insoumis de la guerre d'Algérie connaît le prix du refus et celui de l'exemplarité. En créant l'archétype du lanceur, Gilles Caron nous lègue une figure profondément actuelle dans laquelle chacun reconnaît ses propres combats.

Michel Poivert, historien de la photographie

Vernissage de Gilles Caron "Chorégraphie de la révolte"
Daniel Cohn Bendit devant la Sorbonne, Paris 6 mai, 1968 ©Fondation Gilles Caron GC-8067-16

Vernissage de Gilles Caron "Chorégraphie de la révolte"
Affrontements CRS/étudiants, rue Saint Jacques, Paris, 06/05/1968 ©Fondation Gilles Caron GC-08079-23A24

Vernissage de Gilles Caron "Chorégraphie de la révolte"
Manifestation CGT, Place de la République (détail), Paris 1968 ©Fondation Gilles Caron GC-08630-36A

Vernissage de Gilles Caron "Chorégraphie de la révolte"
Premiers affrontements entre CRS et étudiants, boulevard Saint Germain, Paris 6 mai, 1968 ©Fondation Gilles Caron GC-8066-30
Location: School Gallery
322, rue Saint-Martin
75003 Paris
M° Strasbourg - Saint-Denis, Arts et Métiers
France
Phone : +33 (0)1 42 71 78 20
Mobile : +33 (0)6 13 50 78 87
Mail : olivier.schoolgallery@gmail.com
Internet Site : www.schoolgallery.fr
Date: Wednesday, July 11, 2018
Time: 19:00-21:00 CEST

id : 95737


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