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91ème édition du Qatar Prix de l'Arc de Triomphe 2012


Avant-course

L'éventualité d'une participation du phénomène anglais Frankel à l'Arc a alimenté les conversations dans les mois précédant la course. Sa venue à Paris aurait fait de cet Arc 2012 une édition mythique et, en cas de victoire, assurément sacré Frankel comme le meilleur cheval de tous les temps. Mais son entraîneur Henry Cecil a vite refroidi les ardeurs en annonçant que son champion resterait en Angleterre, sur les distances intermédiaires. Tant pis pour l'histoire, et tant pis pour cet Arc décidément maudit, puisque décimé par une cascade de forfaits parmi les prétendants à la victoire : celui de Danedream, la tenante du titre, qui a fait honneur à son rang en gagnant les King George ; celui de Snow Fairy, la championne au sept groupe 1 revenue en pleine forme après une longue blessure, mais à nouveau sur la touche ; ceux de l'excellent Nathaniel ou encore de Valyra, lauréate du Diane tragiquement disparue à la fin de l'été.
Qui reste-t-il ? Trois noms se détachent : Camelot l'Irlandais, Orfevre le Japonais et Saônois le Français. Le premier a bien failli entrer dans la légende plus de quarante ans après Nijinsky : brillant vainqueur des 2000 Guinées et du Derby, il a échoué de peu dans sa quête de la triple couronne en terminant deuxième du St. Leger, une défaite qui a remis en cause pendant un temps sa participation à l'Arc. Star au Japon, Orfevre vise le titre : cheval de l'année et vainqueur de la triple couronne dans son pays en 2011, il a fait une bonne impression pour ses débuts parisiens dans le Prix Foy. Quant à Saônois, le « petit poucet » de la course, il est passé du statut de valeureux provincial à prince de Chantilly en s'imposant à la surprise générale dans le Prix du Jockey-Club, et les sceptiques qui le considéraient comme un lauréat au rabais ont dû revoir leur copie quand il a gagné avec brio le Prix Niel. À ces trois derby-winners, on oppose la valeureuse Shareta, deuxième l'an passé et qui vient de remporter le Vermeille, la Britannique Great Heavens, pas revue depuis sa victoire dans les Irish Oaks en juillet, mais dont les limites semblent difficiles à cerner, ou encore les bien connus St Nicholas Abbey et Méandre. Au betting, Orfevre s'élance avec le statut de favori, devant Camelot et Saônois.

La course

Il a plu à Paris. Le terrain est lourd. Ces circonstances météorologiques vont décider en partie du destin de certains concurrents, et de la configuration de la course, qui sera courue dans le temps très modeste de 2'37"68, le plus mauvais de la décennie. Au départ, les leaders de l'écurie Coolmore et de Orfevre s'élancent en tête pour assurer le train. À l'avant, on remarque Camelot, Solemia et Masterstroke, tandis qu'en retrait patientent Orfevre, Saônois, St Nicholas Abbey ou Shareta. Dès l'entrée de la ligne droite, lorsque les leaders s'effacent, certains rendent très vite les armes, dont Saônois, alors que d'autres, comme Shareta et Camelot, tentent de prononcer un timide effort mais sans pouvoir lutter avec Solemia et Masterstroke, qui s'annoncent. Mais c'est surtout Orfevre que l'on remarque tandis qu'il déborde tout le peloton par l'extérieur et prend l'avantage en quelques foulées. Le cheval japonais semble parti pour un facile succès, mais tout à coup il verse sur sa droite, s'appuie sur la lice et, comme déconcentré, perd brièvement l'équilibre et peine à se relancer. Au même moment, Solemia trouve son action, l'attaque et le déborde à la fin, l'emportant d'une encolure. Loin derrière, à sept longueurs, Masterstroke s'assure de la troisième place devant l'extrême outsider Haya Landa (133/1 !) et la pouliche Yellow And Green.
Déjà marqué par de nombreux forfaits (dont celui de Frankel, qui se serait sans doute promené dans ce lot), l'Arc 2012 s'avère très décevant et ne restera pas dans l'histoire. Camelot n'est décidément pas le nouveau Nijinsky, Saônois a sombré. Seul Orfevre a tenu son rang. Le terrain lourd a sans doute changé la donne, et entraîné une arrivée d'outsiders, avec par exemple la quatrième place de la brave Haya Landa, une jument de niveau groupe 3. La troisième place de Masterstroke confirme les progrès de ce poulain vainqueur du Grand Prix de Deauville et la victoire inattendue de Solemia, partie à la cote de 41/1, consacre une pouliche sérieuse et à l'aise en terrain lourd. Fille du "nageur" Poliglote, elle a attendu la fin de son année de 3 ans pour s'affirmer au haut niveau, avec une deuxième place dans le Prix du Conseil de Paris (groupe 2). À 4 ans, elle s'imposa de justesse dans sa seule victoire de groupe avant l'Arc, le Prix Corrida (Gr.2), tout de même devant Shareta. Quatrième du Prix de Pomone (Gr.2) en août à Deauville, elle disputa son premier groupe 1 en septembre dans le Prix Vermeille, sur terrain souple, où elle prit une bonne troisième place. Un palmarès honorable, mais très loin du standing d'un vainqueur de l'Arc. Autre indice du faible niveau de cette édition : c'est la première fois depuis Sagamix en 1998 qu'un concurrent l'emporte sans s'être auparavant imposé au niveau groupe 1. Pire : ce cas de figure ne s'est tout simplement jamais produit pour un cheval d'âge. Quant aux Japonais, ils sont décidément maudits : pour la quatrième fois après El Condor Pasa, Deep Impact et Nakayama Festa, leur champion du moment échoue à la deuxième place. La faute à un moment de déconcentration et au terrain, la faute aussi à un cavalier très populaire au Japon, Olivier Peslier, qui rejoint, à bientôt 40 ans, Jacques Doyasbère, Freddy Head, Yves Saint-Martin et Pat Eddery parmi les recordmen de victoires dans l'Arc.
Location: Hippodrome de Longchamp
Avenue des Tribunes
Bois de Boulogne
75016 Paris
M° Tram T2 Suresnes - Longchamp
France
Phone : +33 (0)1 44 30 75 00
Internet Site : www.nouveaulongchamp.com
Date: Sunday, October 7, 2012
Time: 13:00-18:00 CEST

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