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Finissage de Francesc Ruiz Abad "Night on Earth"


11 rue Sainte-Anastase

Exposition : 16 Novembre - 15 Décembre, 2018
Vernissage le jeudi 15 Novembre 18h à 21h

Commissariat Marie Maertens

Cela n'explique pas tout, mais Francesc Ruiz Abad vient de Palamós, en Espagne, où Salvador Dalí séjournait souvent et où un richissime excentrique, Alberto Puig Palau, lui avait fait construire un atelier, avec une porte inclinée, en clin d'œil surréaliste... En guise de style, l'artiste né en 1990, mixte tout autant ses couleurs vives et franches, qu'une pâte qui peut référer à de nombreuses histoires de la peinture.

A qui découvrira ses œuvres, viendront en tête les noms de George Condo, Martin Kippenberger, Marcel Broodthaers, Paul McCarthy, Georgia O'Keeffe, mais aussi la culture BD, manga ou autres monstres 2.0... Comme nombre de plasticiens de sa génération, Francesc Ruiz Abad est au-delà des problématiques de réappropriation. Nous avons dépassé depuis un siècle les « ismes », mais aussi les dernières avant-gardes et commençons à regarder loin derrière ces classifications de « post », modernisme ou structuralisme... Le travail se constitue donc d'une connaissance boulimique d'images, découvertes parfois de visu, mais surtout sur l'écran d'un smartphone, avant de passer au plaisir de la production. Francesc Ruiz Abad est à ce niveau très prolixe et totalement décomplexé face à son sujet. Il me rappelait avoir reçu à l'Université de Barcelone, puis au HGB de Leipzig, un apprentissage conceptuel, et a donc accru sa dextérité de manière autodidacte. Quand il ne peint pas, il dessine, développant les mêmes thèmes, ou en abordant d'autres, très vite. Il veut conserver ce qu'il nomme « la liberté de la forme » et insiste sur le coté « ludique » de sa pratique. Ses œuvres dialoguent entre elles, se répondent et se construisent petit à petit. Alors, la répétition permet de deviner ce qu'il ne veut pas expliquer trop frontalement. Qu'il traite, notamment, des questions de genre et de masculinité à travers les œufs dégoulinants souvent peints dans ses tableaux. En Espagne, l'œuf symbolise le testicule, quand leurs formes tombantes ne peuvent que rappeler les Montres Molles de Salvador Dalí. Si elles représentaient une sorte de vanité contemporaine, mémoire du temps qui passe, d'aucuns avaient aussi remarqué qu'elles pouvaient insuffler le doute quant à la virilité de leur auteur... Mais en 2018, c'est surtout pour Francesc Ruiz Abad, une interrogation sur le fait que le monde ait été vu depuis toujours par le « Male gaze », soit le point de vue d'un homme blanc hétérosexuel... Tout comme dans des petits formats qui semblent innocents, et même joyeux, il réfère au temps du colonialisme, s'étant basé sur des photographies prises durant les anciens Empires, où les autochtones, privés de leurs libertés, étaient mis en scène.

Francesc Ruiz Abad a beaucoup voyagé, vécu à New York, puis entrepris un parcours le menant de Barcelone à Hong Kong. Huis mois durant lesquels il s'est laissé surprendre par les hasards de ses rencontres, tout en testant une forme de survie. D'avoir nourri ses multiples points de vue se ressent dans ce corpus où il n'impose aucune clé de lecture, pour permettre à différents niveaux d'interprétation de naître. Une sorte de surréalisme contemporain, un automatisme d'aujourd'hui, qui laisse émarger « l'imagination en miroir » du regardeur.

- Marie Maertens, Novembre 2018

Vernissage de Francesc Ruiz Abad "Night on Earth"
Francesc Ruiz Abad, La dernière, 2018

Vernissage de Francesc Ruiz Abad "Night on Earth"
Francesc Ruiz Abad, After Ja Je Ji Jo Ju, 2018
Location: Mannerheim Gallery
11, rue Sainte-Anastase
75003 Paris
M° Saint-Sébastien - Froissart, Chemin Vert, Saint-Paul
France
Mobile : +33 (0)6 81 40 44 81
Mail : elise@mannerheimgallery.com
Internet Site : www.mannerheimgallery.com
Date: Friday, December 14, 2018
Time: 18:00-21:00 CET

id : 99772


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