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Vernissage de Cristine Guinamand "Beautés et calamités"


Du vendredi 11 janvier au samedi 16 février 2019

Vernissage le Vendredi 11 janvier à 18h30
Rencontre et dialogue avec l'artiste samedi 26 janvier de 16h à 19h
Finissage musical samedi 16 février à 16h

Dans l'univers de Guinamand, nous sommes loin de la condition paysanne de Millet. Son territoire, un socle rural peu complaisant s'organise, s'ouvre, se fissure. Subrepticement, un visage immobile nous regarde, frontal.
La campagne dessine des silhouettes d'arbres morts, des ombres furtives, souvenirs évanescents, et l'agonie crépusculaire expulse des couleurs incandescentes, d'acides et de feux. Le spectateur découvre par prismes la vie souterraine de ce monde mythologique, mystérieux, mystique des contes, légendes et croyances du terroir mêlés aux visions nocturnes de l'enfance. L'énergie, la foi dans l'œuvre de Cristine Guinamand forgent le caractère trempé d'une peintre des plus croquantes du XXIe siècle.

Vernissage de Cristine Guinamand "Beautés et calamités"

Destructif Constructif (dans le tableau, tout un monde de conflits)
Paul Ardenne

Cristine Guinamand pratique la peinture comme d'autres la philosophie - « au marteau », aurait dit Nietzsche. Le style, chez elle, est direct, fort, coloriste, il s'enrichit d'entrées surabondantes faisant de chaque toile de l'artiste une arène, un lieu de combat. Sauf en de rares compositions où la paix semble revenue - et elle est alors merveilleuse, délicate, relaxante -, l'heure semble être à la guerre des formes et à la violence des considérations plastiques.

Que nous montre, dans ses toiles, Cristine Guinamand ? Des paysages mentaux. Des scènes cérébrales. Le tout vécu de manière, croirait-on, « sur-sensible ». L'entrechoc est de mise. Ici un oiseau de paradis, et non loin de lui une tache sombre, qui semble une menace. Là, une gangrène de noir s'emparant de l'espace du tableau, tandis que les formes lumineuses luttent pour exister. Pas de récit bien défini, pas non plus de propos descriptif, pas de mimétique. Peindre, pour Cristine Guinamand, c'est pousser dehors le monde intérieur. C'est donner au nous - ce nous que représentent les spectateurs - l'humeur du soi, qu'incarne l'intériorité de l'artiste.

Des images peintes, donc. De tous formats. Des images riches d'un contenu effervescent, dynamique, où conversent parfois hardiment maintes forces à l'état d'opposition plus que de fusion. Des images brutes, jamais en paix, face auxquelles le spectateur ressent la profondeur d'un enjeu existentiel. Peindre n'est pas si facile, lorsque l'on s'attache à peindre les forces qui nous travaillent au corps, d'abandon, d'affirmation, d'autodestruction, selon l'humeur. Peindre est un travail, un accomplissement. Mais il faut s'y tenir, lutter.

L'univers artistique de Cristine Guinamand est à la fois simple et complexe. Simple, parce que cette artiste jamais ennemie de l'expressionnisme utilise la peinture, son médium d'élection, comme une forme de parole intime et personnelle, de façon expulsée. Complexe car l'expression artistique, chez elle, se sature volontiers de références, d'entrées thématiques.
Ces références, ces entrées thématiques (le spectateur un tant soit peu cultivé les décèle d'emblée) sont comme les points d'ancrage de l'œuvre, son fondement, sa grammaire première. Goya, Dix, Malaval mais aussi Jérôme Bosch, les dadaïstes - à travers le collage et le photomontage, qu'affectionne particulièrement l'artiste - ou encore Arman - Cristine Guinamand n'est pas ennemie des accumulations, vieux tubes de peinture ou fragments de puzzles qu'elle compacte à la surface de ses toiles peintes - sont ici autant de maîtres dont le magistère compte. Je suis moi, mon propre directeur de conscience, dit l'artiste. Qui ajoute : je ne suis pas la première, l'expression qui est mienne, pour inventive qu'elle soit, s'inscrit aussi dans un héritage.

Une expression bien à soi mais reliée à un univers culturel venant fonder l'œuvre, la « fixer ». L'exposition « Beauté et calamités », d'une richesse créative intense, montre à l'envi cette double articulation, sur laquelle s'arc-boute l'œuvre de Cristine Guinamand.

Extrait du texte du catalogue édité à l'occasion de l'exposition "Beauté et calamités"
Paul Ardenne est écrivain et historien de l'art
Location: Galerie Municipale Julio Gonzalez
21, avenue Paul Doumer
94110 Arcueil
M° RER B Laplace
France
Phone : +33 (0)1 46 15 09 75
Fax : +33 (0)1 46 15 09 72
Mail : galerie-gonzalez@mairie-arcueil.fr
Internet Site : www.arcueil.fr/category/culture-loisirs/galerie-julio-gonzalez/
Date: Friday, January 11, 2019
Time: 18:30-21:00 CET

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